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16/03/2006 13:38:06

 

 

 

Un camouflet diplomatique pour Washington : le retrait d’Ouzbékistan

 

 

Plus q’un véritable retrait, il s’agit d’une limitation imposée par le gouvernement Ouzbek, le 4 août 2005,  aux activités des forces américaines présentes sur son territoire. Pire qu’une épine dans le pied du département de la défense, ces restrictions représentent un camouflet diplomatique pour Washington. Ces restrictions rappellent cruellement à la Maison Blanche qu’il faut compter avec les susceptibilités des dirigeants.

 

 

Les activités militaires américaines en Ouzbékistan ont été limitées par décret présidentiel le 4 août 2005, alors que Monsieur Rumsfield, ministre de la défense américain, est en tournée en Asie centrale.

 

Le Président Ouzbek Islam Karimov a donc restreint les possibilités pour les forces américaines d’utiliser son territoire pour intervenir en Afghanistan. Notamment, la base aérienne de Karshi-Khanabad a subi de très lourdes limitations, en réponse au critiques acérées d’officiels américains lors de la répression du gouvernement Ouzbek en mai 2005 à Andijan.

 

 

Un repositionnement américain difficile

 

Les restrictions données par le gouvernement Ouzbek aux forces américaines sur place leur interdisant désormais les opérations de nuit et en limitant les vols de C-17 (avion transporteur de cargaison lourde), ont obligé le commandement américain à réfléchir à de nouvelles possibilités en Asie centrale.

 

Ainsi les Etats-Unis se sont vus contraints de déplacer leurs forces aériennes d’Ouzbékistan au Kirghizistan.

Ce repositionnement n’a pas perturbé les opérations de soutien en Afghanistan, mais le risque que la durée prolongée de ces restrictions fait peser sur la faisabilité de certaines missions existe et constitue un réel souci pour les stratèges américains.

 

D’autant plus que concernant le coût et la demande de logistique, les opérations de la base de Manas au Kirghizistan sont moins aisées : par exemple, les avions requièrent plus de carburant pour joindre Kaboul.

De plus, la logistique des opérations de secours basées à Bagram (ville au Nord de l’Afghanistan) reposait essentiellement sur le soutien des forces américaines en Ouzbékistan. Désormais, les opérations de secours des soldats américains en Afghanistan risquent de devenir plus problématiques, puisque le stockage de carburant et la longueur de la piste d’atterrissage sont limités à Bagram.

 

 

Une décision attendue

 

Depuis plusieurs mois, l’Ouzbékistan a fait pression sur les Etats-Unis pour qu’ils réparent les pistes aériennes militaires et qu’ils signent un engagement à long terme avec le pays, mais l’argent des réparations était directement lié à la certification donnée par le Département d’Etat sur les droits de l’homme.

 

Le mois dernier, le congrès américain a approuvé les fonds additionnels pour de telles réparations en cas d’urgence, mais ces fonds dépendent directement de la certification donnée par le Département. Autant dire qu’après les critiques de la Maison Blanche de mai 2005, Tachkent trouve la pilule dure à avaler.

 

Empirant la situation, le secrétaire d’Etat américain Condolezza Rice a soutenu l’idée d’une enquête internationale pour identifier les torts de chacun. Ce soutien à l’établissement d’une enquête a incité selon plusieurs experts, Karimov à limiter les activités américaines dans son pays.

Pour ne pas contredire le froid entre les deux pays, Donald Rumsfield, pourtant farouche partisan des dirigeants centrasiatiques, a évité l’Ouzbékistan lors de sa tournée en Asie centrale début Août 2005.

 

 

Le département de la défense américain reste l’allié de Tachkent

 

La semaine dernière, les fonctionnaires russes et américains ont bloqué une demande émanant de l’OTAN pour une enquête sur la répression de mai 2005 à Andijan.

Selon le Washington Post, les fonctionnaires du département à la défense des Etats-Unis se sont opposés avec leurs collègues du département d’Etat au sujet de cette réclamation.

 

En effet, la position américaine adoptée fut sensiblement la même que celle de la Russie, estimant que l’OTAN n’était pas l’arène politique appropriée à une telle demande.

Le désaccord observé entre les fonctionnaires des deux départements a souligné l’incompatibilité de la politique indiquée par Washington de lutte pour la liberté et la protection des droits de l’homme avec ses pratiques d’ignorer les violations les plus flagrantes de ces droits par ses alliés.

 

Le département d’Etat a par la suite proposé une suspension de la coopération entre l’Ouzbékistan et les Etats-Unis, tandis que le département de la défense arguait du fait que les programmes de coopération devaient être discutés au cas par cas, et non dans leur ensemble.

A l’OTAN, en tout cas, la vision des néo conservateurs du département de la défense a triomphée.

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