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Revue de Presse : la Russie vue par les journaux d’Asie Centrale (05 juin 2006)
KAZAKHSTAN Le partenariat stratégique entre Moscou et Astana et l'harmonisation de leurs efforts dans les domaines économique et politique poussent le Kazakhstan à suivre de près tout ce qui se passe en Russie. Dans cette optique, certains journalistes expriment leur préoccupation face à la dérive autoritaire et au piétinement des valeurs démocratiques en Russie. "Le passage de la Russie à une société civile et démocratique s'éternise, la population n'étant pas prête aux changements. Le Kazakhstan suivra inévitablement l'exemple russe de développement économique et politique vu la proximité des deux modèles sociaux. Une Russie démocratique et libérale entraînerait le Kazakhstan dans le même sens" (Navigator-II, 24.05). Les relations russo-américaines, thème régulier de la presse, sont examinées à la lumière des transformations qui s'opèrent sur l'échiquier post-soviétique. Une hypothèse explique l'unilatéralisme musclé de la politique américaine à l'échelle mondiale par la disparition de l'URSS en tant que deuxième pôle de puissance et l'incapacité de la Russie à défendre ses intérêts géopolitiques dans les années 1990. "La Russie a honteusement perdu la partie géopolitique où la Géorgie et l'Ukraine étaient en jeu. Les erreurs de la politique extérieure russe constituent autant de succès diplomatiques de George Bush Jr." (Gazeta.kz, 26.05).
KIRGHIZIE Les objectifs de la politique étrangère du Kremlin seraient largement déterminés par la confrontation régionale entre la Russie et les Etats-Unis. Toutefois, les experts sont divisés sur l'efficacité de la doctrine centrasiatique de la Russie. "La politique de Moscou a nettement changé à partir de mars dernier, elle est devenue plus agressive et plus axée sur la réalisation de ses intérêts. L'Amérique a rencontré un tout autre accueil que dans le Caucase et en Ukraine" (Aguym, 25.05). "Moscou et Washington s'entendront toujours. La Russie mène en Asie centrale une politique à courte vue. Elle a pour amis des dictateurs, mais si les dictateurs se succèdent, le peuple ne pardonnera jamais son attitude à la Russie. Il n'est pas trop tard pour changer de cap" (Aguym, 24.05).
OUZBEKISTAN La presse officielle se montre ouvertement hostile à l'égard du sommet du GUAM, à Kiev, devenu l'événement phare de la semaine. Les participants au sommet sont considérés comme des "pions" sur "l'échiquier" de la confrontation Occident-Russie. "Tous les responsables politiques doués de raison et tous les observateurs reconnaissent que par le biais des 'révolutions colorées' certains pays occidentaux cherchent à parvenir à leurs fins géopolitiques et encouragent les forces qui s'opposent à l'assainissement des relations avec la Russie. Le GUAM, qui s'est habitué à organiser ses sommets au moment où se refroidissent les relations Occident-Russie, entre de nouveau en jeu. L'Occident cherche à opposer à Moscou l'Ukraine, la Géorgie et la Moldavie pour affaiblir la Russie, en faire un pays incapable d'influer sur les affaires internationales et prendre le contrôle des ressources énergétiques de la mer Caspienne et de l'Asie centrale" (XXI ACP, 25.05). Les médias d'opposition ont une nouvelle fois dénoncé l'inefficacité de la CEI. "La CEI a opéré un divorce civilisé entre les anciens partenaires pour partager la propriété de l'URSS. Mais elle ne deviendra jamais un mécanisme d'intégration: trop de contradictions divisent les pays membres que la CEI n'est pas à même de résoudre. C'est ce qui explique l'échec des tentatives pour créer une zone de libre-échange, créer des alliances douanière, bancaire et monétaire" (Tribune.uz, 24.05).
TADJIKISTAN L'aggravation des problèmes politiques et économiques dans les pays membres de la CEI mène, selon les journalistes, à la dislocation naturelle de la Communauté. Les commentateurs discernent dans l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) la nouvelle alternative intégrationniste et pointent du doigt le développement fulgurant de la Chine. "Aujourd'hui on peut constater réellement qu'il n'existe aucune alliance ni communauté. Il suffit de se rappeler la reconduite à la frontière des immigrés tadjiks, les critiques ouzbèkes de la Russie et la neutralité annoncée dès le début par le président turkmène: tout cela signifiait le déclin de la CEI. Dernière goutte d'eau qui a fait déborder le vase, la Géorgie et l'Ukraine, qui ont viré à l'orange, de même que l'indocile Moldavie, ne veulent plus se ranger du côté de Moscou. Elles vivent encore sous le même toit, mais elles ont déjà un pied dehors" (Fakty i Kommentarii, 25.05). En invitant le président iranien Mahmoud Ahmadinejad à participer au sommet de l'OCS en tant que chef d'un Etat observateur, Moscou et Pékin démontrent la capacité de cette organisation à faire contrepoids à l'influence américaine en Asie centrale. "Moscou et Pékin veulent faire comprendre à l'Occident, en particulier aux Etats-Unis, que l'heure est venue de jouer selon les règles diplomatiques. Washington s'indigne de voir ses ennemis accueillis avec respect par Moscou. Les Etats-Unis n'apprécient pas non plus que Moscou ait signé un accord militaire avec l'Iran ou lui vende des missiles pour le protéger et renforcer ainsi sa capacité défensive" (Nadjot, 25.05). La presse attaque la construction par Rusal d'une centrale hydraulique sur le fleuve Rogoun. "Selon les dernières déclarations de l'administration de cette compagnie, celle-ci envisage de construire la centrale de façon à satisfaire uniquement les besoins de la production d'aluminium et d'économiser ainsi sur la hauteur et la qualité du barrage. Rusal n'étudie même pas la possibilité de payer la consommation de l'eau (ressource pourtant payante dans le monde entier) qui fera tourner les turbines de la future centrale" (Tadjikistan, 25.05).
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