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31/08/2005 14:29:32 |
La Russie vue par la presse d’Asie centrale (29 Août 2005)
Les exercices militaires conjoints de la Russie et la Chine posent le problème de l’alliance entre ces deux pays, et les possibles retombés sur le rôle international de chacune des deux puissances. Bien que la thèse du désir de Moscou de s'assurer le soutien de Pékin face à l'influence grandissante des Etats-Unis en Asie Centrale est toujours omniprésente dans les médias, une autre figure également en bonne position : celle de voir la Russie jouer le rôle de pion et d’auxiliaire dans le grand jeu américano-chinois.
KAZAKHSTAN Les exercices militaires russo-chinois Mission de paix - 2005 révèlent au monde entier et en premier lieu aux Etats-Unis l'existence d'une nouvelle alliance militaire dans le cadre de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS). La presse indique que la Chine occupe au sein de l'alliance la position de leader. Affaiblie, la Russie se doit de manœuvrer entre la Chine et les Etats-Unis. "Un rapprochement militaire aussi étroit entre les deux pays irrite bien entendu les Etats-Unis, qui suivent de près les processus enclenchés au sein de l'OCS. Cependant, malgré un rapprochement actif entre Moscou et Pékin, il est prématuré de conclure que les géants mondiaux se sont déjà partagé les zones d'intérêt et d'influence. Ces derniers temps, la Chine prétend jouer un rôle majeur au sein de cette alliance. Elle est déjà capable de concurrencer la Russie dans la Région Asie-Pacifique" ("Liter.kz, 18.08). La presse continue de critiquer l'Alliance russe, qui a si expressément soutenu le président du Kazakhstan, Noursoultan Nazarbaïev, dans le cadre des préparatifs des "élections présidentielles non déclarées". "A quoi bon, pourquoi des élections anticipées ? Peut-être, les auteurs de cette initiative ont appris que le président était malade ou bien qu'il souhaitait quitter son poste pour des raisons personnelles ? L'entente nationale sera toujours présente au Kazakhstan à moins que les politiciens n'essaient de jouer la "carte nationale" ou "russe", notamment ici, pour parvenir à leurs propres fins" ("Navigator-II, 18.08).
KIRGHIZISTAN Dans le contexte de l'attitude réservée des dirigeants kirghizes quant au dilemme russo-américain, la question de la rivalité entre Moscou et Washington dans la région centrasiatique a pris une acuité particulière dans les médias. "Les exercices se présentent vraiment comme une action conjointe russo-chinoise visant à s'opposer à un monde unipolaire... Washington préfère ne point accorder d'attention à l'opinion de la Russie. Une telle démonstration de sa force et un tel partenariat pourraient, pour une rare fois, permettre à la Russie de faire entendre son point de vue auprès des Etats-Unis" (Gazeta.KG, 18.08). Certains médias préviennent le Kremlin qu'il est nécessaire de faire preuve de responsabilité politique pour élaborer une bonne stratégie relative au volet oriental de sa politique extérieure. "Le futur essor de l’Empire Céleste et son accession au titre de superpuissance, crée une situation inédite dans le monde, en premier lieu, bien entendu, pour ses pays voisins... Si Moscou établit des contacts avec les géants orientaux en plein essor en ayant toujours en tête la réaction de ses partenaires occidentaux (afin de les "taquiner" ou de renforcer ses positions au cours de tels ou tels pourparlers), il risquera de perdre sur les deux tableaux" (Gazeta.KG, 18.08). La presse exprime des inquiétudes vis-à-vis d'un éventuel refroidissement des relations avec Moscou. "Après avoir entendu les sommes fascinantes que les Etats-Unis envisagent d'accorder dans le cadre de l'aide humanitaire et mentionnées par le ministre américain de la Défense, Donald Rumsfeld, la partie kirghize a eu une brusque "illumination". Cependant, personne n'a en mémoire le fait que près d'un million de nos compatriotes habitent et travaillent en Russie et envoient annuellement au Kirghizistan de 350 à 400 millions de dollars. Ces sommes dépassent de loin celles qu'a promises Donald Rumsfeld" ("Kyrgyz Rukhu", 23.08).
OUZBEKISTAN La thèse du désir de Moscou de s'assurer le soutien de Pékin face à l'influence grandissante des Etats-Unis en Asie Centrale est toujours omniprésente dans les médias. "L'objectif de la Fédération de Russie est de montrer aux Américains que, contre leur force "unipolaire", il peut bien se trouver une autre force "multipolaire" (et plus précisément, "bipolaire") et de contraindre ainsi Washington à un dialogue plus respectueux, voire même sur un pied d'égalité avec Moscou" ("TRIBUNE-uz, 18.08). Plusieurs médias mettent en garde la Russie contre le risque de devenir un simple pion dans le jeu politique des Etats-Unis et de la Chine. "A l'heure actuelle, toute la région d'Asie Centrale représente en quelque sorte un champ de batailles politiques. Quant à la Chine, elle a besoin de participer à ces batailles pour s'affirmer comme grande puissance dans son face-à-face avec les Etats-Unis... La Chine s'efforce de s'implanter en Asie Centrale. La Chine a emprunté aux Etats-Unis leur tactique d'occupation souple d'autres pays. La Russie est en train de jouer un rôle auxiliaire pour la Chine... Tout porte à croire que le "Grand Jeu" ne sera pas mené par des méthodes militaires, mais plutôt par des moyens politiques et économiques, alors la victoire reviendra incontestablement à la Chine" ("Moussoulmanski Ouzbékistan", 22.08). Certains médias espèrent une participation plus active de Moscou à la démocratisation de l'Ouzbékistan. "Le leader du mouvement des émigrés pour une vie digne et pour leurs droits tant dans le pays d'accueil que dans leur pays d'origine pourrait devenir à l'avenir le chef d'un parti politique, et même la locomotive de tout le processus de transformations radicales en Ouzbékistan... Il y a longtemps déjà que le peuple ouzbek attend une allusion de la part de la Russie pour laquelle il éprouve toujours énormément d'amour et de confiance. Mieux, il n'envisage son avenir radieux que dans l'alliance stratégique et la coopération avec la Russie" ("Uzland-uz, 18.08).
TADJIKISTAN La presse cite beaucoup la déclaration de l'ambassadeur des Etats-Unis au Tadjikistan, Richard Hoagland, empreinte de rhétorique anti-russe. Or, les médias tadjiks s'abstiennent de la commenter. "Les Etats-Unis croient en les hommes, alors que la Russie ne croît qu'aux systèmes en place. Aussi, les "siloviki" (représentants des structures de force) essaient-ils par tous les moyens de lancer un nouveau grand jeu dans la région... La Russie se sert des immigrés tadjiks pour dominer au Tadjikistan" ("Avesta", 20.08). Les médias estiment que la déclaration Géorgie-Ukraine sur la création dans la région de la Baltique, de la mer Noire et de la Caspienne d'une sorte de communauté d'Etats démocratiques ne restera finalement qu'une simple déclaration publique. "Dans toute organisation, il faut des mécanismes, des ressources et des hommes, mais ici tout cela fait défaut... Les déclarations de Mikhaïl Saakachvili et de Viktor Youchtchenko ne pourraient avoir de l'effet que si la Russie y accordait trop d'attention et se mettait, par la bouche de ses politiques, à les critiquer énergiquement" ("Azia-plus", 18.08). Novosti 2005
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