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Asie Centrale
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19/11/2005 10:56:24
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La Russie vue par la presse d’Asie Centrale (19 décembre 2005)
Au cœur de l’actualité centrasiatique, se trouve une nouvelle fois (une fois n’est pas coutume), les influences externes. Ainsi, sont évaluées et jaugées les actions des diverses puissances qui ont des intérêts dans la région : la Russie, les Etats-Unis principalement, mais également les organisations qui sont accusées de participer à cette lutte de pouvoir. Ainsi si la presse kazakhe est très critique quant à la récente évaluation de l’élection présidentielle par l’OSCE, l’accusant d’être aux ordres des Etats-Unis, si les médias kirghizes se prononcent en faveur d’un renforcement de la présence russe et corrélativement d’une diminution de la présence américaine, le Tadjikistan lui, un peu le grand oublié dans ces jeux de pouvoir, fait valoir une alternative occidentale. Autant dire que l’influence d’une grande puissance dans une des républiques centrasiatiques s’exprime par ses actions certes, mais également par sa constance.
KAZAKHSTAN Face aux déclarations des observateurs de l'OSCE dénonçant l'élection présidentielle au Kazakhstan comme "dérogeant aux normes" de cette organisation, la presse s'en est prise à la partialité de l'OSCE dont celle-ci faisait preuve en évaluant les élections dans les différents pays. "On a l'impression que l'évaluation de telle ou telle élection dépend moins de la façon dont cette dernière se déroule que de la note que l'OSCE veut donner à l'administration et au régime politique du tel ou tel pays membre de l'organisation" (Nomad, 07.12). "L'OSCE mène un double jeu. Qui envoie actuellement des observateurs pour surveiller nos élections? Le Conseil permanent de l'OSCE a ramené de 9% à 6% la contribution au budget de la Russie, celle des États-Unis a par contre été relevée de 9% à 12%. Peut-on donc faire confiance à la façon dont ils jugent les élections?" (Aïkyn-Nedelia, 09.12). Les médias décrivent le paysage médiatique russe comme entièrement contrôlé par l'État. "Au cours des cinq années de la présidence de Vladimir Poutine, le Kremlin a établi un contrôle rigide des médias russes. Aujourd'hui, les médias publics reçoivent les instructions précises des autorités en matière de politique de l'information... On a l'impression que deux types de produits resteront prochainement sur le marché médiatique russe: des périodiques pro-Kremlin et des tabloïds "jaunes" "(Liter.kz, 07.12).
KIRGHIZIE Les feux de l'actualité sont à nouveau braqués sur l'avenir des bases militaire russe (Kant) et américaine (Gansi) en Kirghizie. La plupart des médias mettent l'accent sur les avantages de la présence militaire russe et mettent en doute la nécessité de la présence américaine. "La base aérienne de Kant offre à l'Asie centrale un bouclier solide contre les menaces internationales... Contrairement aux pilotes russes, les Américains de Gansi n'en finissent pas de polluer l'environnement en déversant dans le ciel de la région de Tchouï des dizaines de tonnes de kérosène" (Kyrgyz Press, 07.12). "La location par les militaires russes de la base aérienne de Kant a permis d'augmenter le budget de presque 10 millions de dollars supplémentaires en trois ans, alors que la base de Gansi a versé deux millions de moins en quatre ans. L'aspect culturel de la présence militaire russe est également favorable, puisque les Kirghizes parlent la même langue que les Russes" (Gazeta.kg, 07.12). Les médias n'excluent pas une recrudescence des tensions entre Moscou et Washington et recommandent à la Russie d'intensifier les efforts pour renforcer ses positions géopolitiques en Asie centrale. "Avec l'arrivée au Kremlin de Vladimir Poutine, la politique russe a marqué un net revirement en passant de la passivité totale à la renaissance de l'empire au XXIe siècle. L'Occident a pour la première fois senti que Moscou est à bout de patience en Asie centrale, que l'ours russe s'est enfin réveillé et a montré ses crocs. Mais Washington ne baisse pas les bras non plus. Une lutte sans merci s'est déclenchée autour de la tête de pont kirghize entre les blocs OTSC-OCS et OTAN-USA... Pour étendre son influence, la Russie doit instaurer le contrôle des processus géopolitiques et géoéconomiques en Asie centrale et en devenir l'acteur central à l'avenir" (Obchtchestvenny Reïting, 08.12).
OUZBEKISTAN La politique énergétique du pays est au cœur de toutes les rubriques économiques. Se référant à des analystes russes, les médias n'excluent pas que l'attaque gazière de Moscou vis-à-vis des ex-républiques soviétiques puisse finalement se retourner contre la Russie. "Il y a tout lieu de supposer que l'acceptation par Moscou des nouveaux prix du gaz turkmène suscitera une réaction en chaîne en Ouzbékistan et au Kazakhstan qui canalisent également leur gaz vers la Russie. La Russie sera obligée par la suite de relever une nouvelle fois ses tarifs du gaz dans les régions voisines et en Europe, ce qui promet des duels politiques ouverts... Beaucoup de spécialistes ouzbeks et turkmènes prétendent que l'appréciation du gaz centrasiatique est en mesure de détruire la politique tarifaire de Moscou dans les ex-républiques soviétiques, car les consommateurs voisins ne l'accepteraient pas" (Tribune.uz, 09.12).
TADJIKISTAN La presse suit de très près la visite à Tachkent du patron de Rusal, Oleg Deripaska. Elle annonce que M. Deripaska aurait assuré le président ouzbek que sa compagnie n'entamerait pas ses projets au Tadjikistan tant que le gouvernement de Tachkent n'y donnerait pas son approbation. Les médias dénoncent la politisation de la situation et craignent que Rusal ne manque à ses obligations devant Douchanbé. "Les experts constatent que Rusal ne respectera pas ses programmes de construction de la centrale hydraulique sur le Rogoun... Le Tadjikistan doit réviser à titre unilatéral la réalisation de ses programmes et étudier la proposition occidentale sur la mise en place d'une société de coopération économique Tadjikistan-Afghanistan-Kirghizie" (Millat, 08.12). Russian News and Information Agency. Copyright @ 2005
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