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22/10/2005 15:19:05

 

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                                La Russie vue par la presse d’Asie centrale (14 novembre 2005)

 

Alors que les médias kirghizes débattent du duel russo-américain en Asie centrale, les médias kazakhs innovent en suggérant que la rivalité sino-russe n’est plus due uniquement aux manœuvres d’influences de ces deux pays au Kazakhstan, mais bien à une politique initiée par Astana, cherchant à retirer le maximum de bénéfices des luttes d’influence.

 

KAZAKHSTAN

Les journalistes se focalisent sur la concurrence qui oppose la Russie et la Chine dans la région centrasiatique. "Le premier ministre chinois Wen Jiabao a proposé contre toute attente d'élargir le programme des crédits aux pays de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) en annonçant l'octroi à ces fins de 900 millions de dollars à des conditions très avantageuses: 2% par an sur 20 ans. Cette proposition a séduit les pays d'Asie centrale. Rien d'étonnant: celui qui paie commande la musique, principe que personne n'a annulé dans la politique étrangère. C'est pourquoi Moscou n'a pas du tout apprécié l'improvisation chinoise" (Nomad, 02.11).

La Russie et la Chine se disputent le leadership économique, notamment autour des actifs pétroliers au Kazakhstan: les compagnies Lukoil et CNPC n'arrivent pas à partager leurs acquisitions réciproques. "Cette bousculade signifie que Moscou et Pékin veulent s'imposer sur le marché local du pétrole et du gaz. Aujourd'hui, ce sont des acteurs économiques qui rivalisent, mais Lukoil est une société "pro-Kremlin", alors que CNPC est une compagnie publique. Derrière le conflit commercial se cache une rivalité géopolitique initiée par Astana" (Kompromat.kz, 02.11).

La presse s'en prend aux responsables russes délégués auprès de l'OCS. "Les hauts responsables des pays membres de l'OCS ne sont pas satisfaits du travail des structures exécutives où certains pays y ont délégué des militaires à la retraite... Il se passe la même chose dans les autres organisations internationales post-soviétiques où la Russie occupe une position de leader. Partout il n'y a que des militaires à la retraite. Faut-il s'étonner que la pensée militariste prédomine dans les projets de l'OCS?" (Liter.kz, 08.11).

KIRGHIZISTAN

Certains médias reviennent sur le problème de l'opposition géopolitique entre la Russie et les Etats-Unis en Asie centrale. "La relance de l'activité des Américains est provoquée manifestement par le renforcement des positions de l'OCS (Organisation de coopération de Shanghai). L'Amérique est sérieusement préoccupée par la croissance de l'influence russe et chinoise dans la région. L'expérience de ces dernières années laisse conclure que l'attention soutenue de Washington envers telle ou telle région signifie, avec un degré élevé de probabilité, la fin du calme dans cette région. Or, le calme de l'Asie centrale était déjà très relatif... La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a examiné avec les présidents de chaque pays d'Asie centrale la possibilité de former une nouvelle organisation régionale... La Russie favorise le devenir des Etats indépendants centrasiatiques en échange du rôle de garant militaire et politique de leur intégrité territoriale et de leur indépendance. Les Américains ne contestent pas encore ce postulat, mais ils posent déjà des jalons pour jouer ce rôle. Afin de "forcer la coopération", les Etats-Unis appuieront sur le point le plus sensible de la région, à savoir le problème de la vallée de Fergana, qui est située au carrefour de l'Ouzbékistan, du Kirghizistan et du Tadjikistan. La situation explosive dans la vallée de Ferghana rend possible une guerre régionale entre les trois Etats... Le potentiel conflictuel des relations entre les pays de la région s'accroît sans cesse, à quoi contribue également la différence toujours plus profonde entre les positions de la Russie et des Etats-Unis en Asie centrale" ("Obchtchestvenny reiting", 04.11).

Certaines éditions reproduisent des articles publiés dans les médias électroniques tchétchènes, dans lesquels les récentes émeutes dans une prison de la région de Bichkek sont considérées comme une action planifiée par Moscou. "La diaspora tchétchène locale est convaincue que les récents événements dans le pays sont le résultat d'une lutte d'intérêts concrets - politiques et criminels - entre les différents clans kirghizes manipulés par Moscou, qui cherche, de son côté, à affirmer son influence sur les nouvelles autorités de Bichkek ou bien, en cas de conjoncture favorable, à changer les dirigeants du pays. Organiser des provocations dans les colonies pénitentiaires et dans les prisons, c'est dans le style des services spéciaux russes" (Gazeta.KG, 04.11).

OUZBEKISTAN

La coordinatrice du mouvement d'opposition "Coalition du soleil", Nigara Khidoïatova, met en garde contre la possibilité d'un retour de l'Ouzbékistan à des positions pro-américaines.

"Le pouvoir en Russie doit se rendre compte que la réorientation [de l'Ouzbékistan vers la Russie] est due au fait que les portes se sont fermées devant les hommes au pouvoir au Kirghizistan (qui ont déposé leurs capitaux dans des banques européennes et américaines, dont les enfants font leurs études à l'étranger, où leurs familles se rendent en vacances), après que le Parlement européen et les Etats-Unis ont imposé des sanctions contre l'Ouzbékistan. Il ne s'agit donc pas d'une réorientation volontaire... Qu'est-ce qui peut se passer ensuite? Soudain, une explosion a lieu en Ouzbékistan, une révolution, un chaos, un changement de gouvernement. Par la suite, l'Ouzbékistan se tourne vers l'Amérique, et la Russie perd définitivement son influence dans l'ensemble de l'Asie centrale" (Ferghana.ru, 02.11).

TADJIKISTAN

En examinant de nouveau l'histoire des relations russo-tadjikes après le démembrement de l'Union soviétique, les journalistes soulignent que la Russie n'est pas le premier pays à avoir reconnu l'indépendance de la République du Tadjikistan. "Alors que tous les autres Etats de l'espace post-soviétique avaient entamé leur développement, le Tadjikistan s'est retrouvé entre le marteau et l'enclume, ne sachant pas d'où vient la menace : du Nord ou du Sud... L'Iran a été un des premiers pays à avoir reconnu l'indépendance du Tadjikistan, pendant que la Russie, qui jouissait à l'époque d'une grande influence dans la région, ne faisait qu'établir des relations diplomatiques" ("Millat", Tadjikistan, 02.11).

Sur la toile de fond de ces rappels historiques, le rôle positif des projets mis en oeuvre au Tadjikistan par la société Rusal (Aluminium russe) dans la reprise et le développement des relations russo-tadjikes devient plus manifeste.

"Rusal est l'une des premières grandes entreprises russes à avoir décidé d'investir dans l'économie de la république sur une échelle aussi importante. Comme cela s'est produit dans le cadre des accords intergouvernementaux, on peut dire qu'avec Rusal, la Russie est revenue au Tadjikistan" ("Asia-plus", 02.11).

La décision de permettre aux ressortissants russes et tadjiks de voyager entre les deux pays avec leurs passeports intérieurs (cartes d'identité - ndlr) a été saluée par la presse.

"La politique russe des migrations change de cap à 180 degrés : en abandonnant les restrictions, la Russie devient bienveillante envers les migrants" ("Vetcherni Douchanbé", 04.11).


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