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Yale Center for the Study of Globalization

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Lettre d'information

 

 

Vendredi 1er décembre 2006, 14 heures

 

VERS UNE SOLUTION DURABLE POUR LE MOYEN-ORIENT : UN ROLE POUR L’EUROPE (rapport de Mme la Senatrice Durrieu)

 

 

I – Rappel de la situation en juin 2005

 

            Rapport 1/12/03 : La Sécurité en Europe et la Stabilisation du Moyen – Orient

            Rapport 15/06/05 : Les développements dans le Grand Moyen – Orient

 

            Reprise des essentiels et de la conclusion : (extrait du rapport du 15/06/05)

 

                        1 – Le Grand Moyen – Orient : Page 9

                        2 – Le Liban : Page 21

                        3 – Le conflit Israélo-palestinien : Page 24

                        4 – La Syrie : Page 33

                        5 – La Situation de l’Europe : Page 41

                        6 – Conclusions : Page 44

 

 

II –2005/2006

 

            ISRAEL : de SHARON à OLMERT

 

            PALESTINE : Les élections 2005 (A. MAZEN)

                                                                               Les élections 2006 Législatives / HAMAS

 

            LIBAN :         élections : Hezbollah

                                               Le Gouvernement

                                               LA SYRIE

 

            LA GUERRE : la mort de Rafic HARIRI

                                               GAZA >> LIBAN

                                               ISRAEL / HEZBOLLAH

                                                                                                                                                         Résolution 1701

                                                                                                                                                         La FINUL

                                                                                                                                                         * la mort de GEMAYEL

 

III – 2006 : LA SITUATION APRES LA GUERRE DU LIBAN Israël/Hezbollah)

 

Un Contexte nouveau pour la paix

Le rôle de l’Europe

 

            1 – Les conflits et les enjeux régionaux

            2 – Les acteurs d’une paix durable au Moyen-Orient

           

 

 

III – 2006 LA SITUATION APRES LA GUERRE DU LIBAN Israël/Hezbollah)

         Un Contexte nouveau pour la paix

                   Le rôle de l’Europe

 

 

1.     LES CONFLITS  ET LES ENJEUX REGIONAUX

 

 

La situation aujourd’hui au Moyen-Orient au sens large, est « catastrophique » pour les uns au moins « inquiétante » pour les autres.

 

·                              IRAK

 

EN IRAK, on n’a entendu que des formules sans appel : « c’est un désastre » « l’Irak est au sol » non seulement l’Etat est « divisé » et « balkanisé » mais la guerre civile s’est installée. C’est « Le temps est du sang » et on ne peut plus attendre. Du temps de Saddam HUSSEIN, il y avait « 20 morts par jour », aujourd’hui c’est 200.

La politique menée est « stupide » et « arrogante ». Elle ne changera pas.

600 000 à 1 000 000 d’Irakiens sont passés en Jordanie soit en moyenne 30 000 par mois ou  1 000 par jour. Ce sont les plus riches, qui sont partis les premiers, les autres arrivent maintenant. 

Il faut arrêter le monopole des USA sur ce dossier « puisque les 150 000 soldats ne maîtrisent plus la situation». L’Union Européenne, la Russie et les pays Arabes modérés doivent s’en  emparer au plus vite. « Le vide » s’installe. Ce sont les forces régionales Syrie et Iran qui vont le remplir.

Le Président Irakien Jalal TALABANI était à Téhéran récemment pour demander l’intervention de l’Iran afin de stabiliser la situation du pays. Le Président iranien Mahmoud AHMADINEJAD est prêt à jouer « les bons offices » mais appelle quand même « les peuples irakien, libanais, afghan et palestinien à s’entraider pour expulser les occupants ». Regardez disait-il en IRAK « depuis que les étrangers corrompus sont arrivés il n’y a rien d’autre que la corruption et la mort ». Dans un tel contexte, de tels propos n’apporteront pas de changements notables à la situation. Et Londres à d’ailleurs réagi violemment.

Le Président BUSH était à AMMAN le 29 novembre 2006. Il cherche la porte de sortie de ce bourbier irakien. Il se demande, aussi, si la voie ne passe pas par …DAMAS.

La reprise des relations diplomatiques entre la Syrie et l’Irak après 26 ans de rupture, constitue dans ce contexte un tournant spectaculaire.

Alors, faut-il punir Damas pour les crimes au Liban ou demander l’aide de la Syrie en Irak ? Le choix se situe t-il entre justice et réalité politique ? Entre la vérité et le cynisme ? Vieux dilemme. La France qui refuse tout dialogue avec la Syrie depuis le meurtre de Rafic HARIRI  se trouve, elle, aussi confrontée à ce débat depuis que ses troupes sont exposées au Sud Liban. Le meurtre de GEMAYEL en novembre dernier est un message qui signifie peut-être « ne touchez pas à la Syrie ». Message insupportable. Et cependant la Syrie est un acteur important de la guerre et de la paix dans cette zone. « Il faut lui parler », « l’isoler est une erreur ». Elle pourrait être tentée d’attaquer Israël, son armée est mobilisée et la violence a bien marché au Liban ou à Gaza (Colette AVITAL).

Et ce pays arabe est l’allié de l’Iran. Mais sans une feuille de route crédible sur l’Irak, l’administration américaine encouragera les autres à en proposer une… Janes BAKER (ancien Secrétaire d’Etat) préside une Commission « Iraq Study Group » chargée d’élaborer de nouvelles idées sur l’Irak qui impliquent évidemment, de prendre des contacts avec la Syrie et l’Iran, ces pays de « l’axe du mal ». La perspective d’un Irak pacifié et démocratique s’éloigne sans cesse. Et l’islamisme radical et le terrorisme progressent.

Alors que le Président BUSH, est affaibli par l’enlisement des Etats Unis malgré la présence de 150 000 hommes et par le succès des démocrates aux dernières élections, quels choix sera t-il amené à faire ? Ou plutôt quels choix judicieux saura t-il faire dans une situation aussi critique ?

 

 

·                              LIBAN / SYRIE : La Syrie est encore la clé de ce problème

 

Le Liban est un pays détruit, déstabilisé politiquement et au bord de la guerre civile. « Le pays du cèdre » avait retrouvé, à l’issue des élections de 2005, une stabilité même précaire. Le Président LAHOUD est pro-syrien. Le Premier Ministre SINIORA est sunnite. Ce gouvernement est impopulaire et faible. Le Général AOUN s’est rapproché du Hezbollah qui l’opposition est aussi représentée par les familles HARIRI, GEMAYEL et YUNIBLAT. Le Liban, après les assassinats de HARIRI et GEMAYEL, est de nouveau plongé dans le chaos. Et il pourrait être sacrifié sur l’autel d’un rapprochement des USA avec l’Iran et la Syrie à propos de l’Irak.

La révolte anti-syrienne du 14 mars 2005 a conduit à la constitution d’un gouvernement fragile avec pour 1er Ministre Fouad SINIORA. Qu’aujourd’hui, la Syrie appelle à renverser. Déjà 5 Ministres (Hezbollah et Amal population Chiite pro-syrienne) ont démissionné empêchant le gouvernement d’adopter la Résolution de l’ONU sur la mise en place du Tribunal Pénal International qui doit juger les assassins de Rafic HARIRI.

Le Hezbollah, aussi, a du mal à transformer son « succès militaire » en victoire politique. Même si le résultat israélien au Liban est un échec, il ne faut pas en conclure hâtivement que pour le Hezbollah c’est une victoire écrasante. Des douleurs, des souffrances auraient pu être évitées. Ce qui vient de se produire est aussi une catastrophe pour ce pays.

Et la Syrie au Liban et le Hezbollah qu’elle arme ont encore un rôle à jouer et des cartes en main.

Il n’y aura pas de solution sans la Syrie. Mais le Président BACHAR el ASSAD, est-il un interlocuteur pour l’Irak et pour le Liban ? Un changement de stratégie est-il possible ? Récemment, Tony BLAIR fidèle alliée insistait cependant sur la nécessité d’une « stratégie d’ensemble ». Le Président BUSH, dans l’immédiat, semble déterminé à ne pas entraver l’enquête des Nations Unies sur l’assassinat d’HARIRI.

Naturellement « l’agenda » syrien s’oppose à la mise en place du Tribunal Pénal International. Comment dans ces conditions engager le dialogue avec le régime syrien ?

Le rôle de la France aurait pu être important mais elle est devenue un adversaire déterminé de la Syrie.

Pendant ce temps la « FINUL» renforcée se met en place. A terme la « FINUL » devrait compter 15 000 hommes en plus des 15 000 soldats libanais déployés au Sud.

La présence militaire est massive : 1 soldat pour 7 habitants au Sud Liban soit 20 militaires au Km².

La mission consiste à « assister et soutenir l’armée libanaise ». Le désarmement du Hezbollah ne fait pas partie du mandat défini par la Résolution 1701. La « FINUL » veille au cessez le feu « sur l’ensemble du Liban alors qu’elle lui assigne le Sud du pays comme théâtre d’opération ». Toutes les troupes de TSAHAL ont laissé la place à l’armée libanaise et à la FINUL. La situation demeure tendue sur le terrain et à proximité avec l’armée israélienne des 2 côtés de la « porte de la victoire » baptisée ainsi par le Hezbollah. L’aviation israélienne a survolé encore récemment le territoire libanais. Quant à l’armée libanaise, elle a besoin de se moderniser. Le Général RIFI, Directeur Général des forces de sécurité interministérielle (FSI) précise « il manque 1500 véhicules, 15 000 fusils, 15 000 revolvers, mais aussi des radars, des ordinateurs, des ambulances… ».  Beyrouth demande aussi des hélicoptères, des patrouilleurs de haute mer… du matériel de transmission…Le commandant en chef, le Général SLEIMAN a affirmé récemment l’armée est aux côtés du Hezbollah » ajoutant « mais si l’ennemi n°1 reste Israël, il est maintenant rejoint par le terrorisme »…Si l’armée n’a pas l’intention de désarmer le Hezbollah, c’est parce qu’elle sait qu’au Sud Liban, « le Parti de Dieu » représente « le peuple en armes ».

Mais le Hezbollah, mouvement politique, doit trouver aussi les voies réelles de la démocratie. Accepter d’abord la Résolution 1701 et évidemment, le désarmement de ses milices par l’armée nationale libanaise qui compte des soldats chiites. Il devra, aussi, s’inscrire dans le jeu diplomatique.

 

 

·                              ISRAEL / PALESTINE

 

Et d’abord ISRAËL.

Une page vient de se tourner : ISRAËL ne peut plus compter uniquement sur TSAHAL et le soutien des Etats Unis pour assurer ses succès et son existence. Maintenant, le conflit ne sera plus réglé militairement. Il est temps d’opérer une avancée diplomatique et politique en intégrant l’ONU et l’Europe dans le jeu.

Dans l’immédiat, la crise est multiple : militaire, politique, morale et sans précédent. La guerre contre le Hezbollah s’est achevée sur une semi-défaite au goût amer. Elle n’a pas anéanti la milice chiite comme annoncé. Résultat : les deux Généraux ont démissionné et on parle d’une « armée sans tête ».

Les politiques ne sont pas mieux placés. Beaucoup d’Israéliens estiment qu’EHOUD OLMERT, le 1er Ministre et AMIR PERETZ, Ministre de la Défense et Chef du Parti travailliste devraient être remplacés. Une initiative « disproportionnée » et « brutale » au Liban l’échec de la guerre, la réprobation internationale pour la tuerie de BEIT HANOUN, bande de Gaza en novembre, une « bavure » qui a fait 19 tués chez les Palestiniens, des femmes et des enfants surtout. Et c’est le moment choisi pour faire entrer au gouvernement AVIGDOR LIEBERMAN Chef du parti ultranationaliste « ISRAEL BEITEMON » (Israël notre pays). Un ralliement qui traduit bien l’absence totale de ligne politique cohérente et d’objectif. Cette coalition hétéroclite révèle le « vide politique ». « Il n’y a pas de Roi en Israël » dira GROSMAN.

Faute d’avoir su rebondir en trouvant un Nouveau Projet Politique pour ressouder sa majorité OLMERT a, donc choisi d’élargir sa coalition. Il contrôle désormais 78 sièges sur 120 à la Knesset contre 67, avant (Kadima 29, les travaillistes 19, le Mouvement SHAS 12 et BEITEMON 11). Et son budget sera approuvé avant le 31 décembre 2006. OLMERT s’assure aussi le soutien de 1 Million de Juifs immigrés de l’Ex URSS, dont LIEBERMAN est le champion. Il suscite par contre des tensions chez les travaillistes opposés à l’annexion des colonies juives de Cisjordanie.

 

 

·                              Les Palestiniens et les terroristes

 

1948 c’était « la catastrophe » : la Palestine n’existait plus. Et aujourd’hui ?

Les Palestiniens vivent simultanément des annexions illégales par pans entiers de leur territoire qui sont bouclés. Ces annexions nourrissent l’expansion du territoire d’Israël. Derrière la construction des murs dits  de « sécurité » et au-delà la frontière de 1967, les murs constitueront la frontière réelle.

Israël veut garder 1/3 de la Cisjordanie. Actuellement 250 000 personnes sont concernées ; 300 000 sont séparées de leurs terres et 2/3 des terres sont coupées ; 9% de la Cisjordanie est à l’extérieur des murs ; 28% de la Vallée du Jourdain est inaccessible. Il reste en fait 54,5 % de la Cisjordanie pour l’Etat futur.

 

Le réseau des grandes routes israéliennes dessine les mêmes objectifs politiques et sert exclusivement les intérêts d’Israël, de Jérusalem vers le Jourdain notamment. Ce réseau est fermé aux populations palestiniennes qui par ailleurs ont leurs mouvements restreints  sur le reste du réseau routier où 500 check-points permettent de contrôler les permis de passer.

Et les Palestiniens n’ont pas accès à Jérusalem, isolée par 12 check points. Les agglomérations urbaines de Ramallah, Bethléem et Jérusalem ne tournent qu’à environ à 35 à 40% de leur activité économique.

Notons, par ailleurs, que la segmentation imposée par les murs et l’implantation des colonies bloque toute possibilité d’extension de ces centres urbains. L’espace est « cantonisé», figé et contrôlé. Et la  Communauté Internationale ne dit rien. Les populations qui souffrent sont contraintes à exprimer leur colère en soutenant les mouvements extrémistes et islamistes radicaux, notamment aux dernières élections de janvier 2006. Globalement ces populations veulent la PAIX. En Israël aussi d’ailleurs. Ici, « on est encerclés et ils sont armés ». « Mais s’ils peuvent détruire, ils ne peuvent pas gagner ».

Et puis, 60 ans après la création de cet ETAT d’Israël, 1/3 de la population vit encore dans des abris, nous dit un Député. C’est cela qu’ils veulent pour nous tous ?

« Il n’y aura de prospérité et de sécurité qu’ensemble »

 

 

·                              LE HAMAS

 

Il a remporté les élections législatives de janvier 2006 et la Communauté Internationale en présence des Observateurs de l’OSCE, de l’Union Européenne et du Conseil de l’Europe, a considéré que le scrutin était totalement régulier. Ce fut une surprise. Mais toutes les conditions étaient réunies pour que le HAMAS batte le FATAH.

La lassitude extrême de la population palestinienne d’un FATAH corrompu, d’une classe politique incapable d’assurer la sécurité et d’établir la paix. Les Palestiniens ont voulu « sanctionner » le FATAH qui n’a eu que 3 Députés réélus. Ils n’ont pas voulu la victoire du HAMAS et sa majorité absolue, même si socialement ce mouvement est au plus près de la population dans sa vie quotidienne. Son action sociale est sa première force politique. Les femmes ont majoritairement voté HAMAS. Cependant la surprise et la consternation étaient grandes. Et le peuple palestinien s’est démocratiquement exprimé. La démocratie comporte des risques, la preuve. Mais on ne change pas les règles du jeu en fonction des résultats.

Faut-il que maintenant ce peuple palestinien, confiant en la démocratie, paye le prix de résultats qui sont à posteriori contestés par la Communauté Internationale ? Ce n’est pas une position soutenable. C’est pourtant celle qui a été choisie au lendemain des élections. L’affrontement avec le HAMAS et la pression des USA et de l’Union Européenne sur le HAMAS comme hier sur ARAFAT …et des sanctions économiques et financières aux conséquences sociales catastrophiques.

L’Union européenne versait en 2005, 50 Millions de $ par mois à l’autorité palestinienne. Depuis 10 mois, tous ces fonds ont été bloqués et 150 000 fonctionnaires ne sont plus payés. Les fonctionnaires des services de santé, de la poste, les enseignants…sont en grève et la rentrée scolaire n’a pas eu lieu en septembre. Par ailleurs, Israël, bloque tout à fait illégalement les droits de douanes et les taxes perçus aux frontières des territoires palestiniens soit 50 à 55 millions de $ par mois. Ce qui représente depuis avril 400 millions de $. Sommes qui devraient être reversées à l’Autorité Palestinienne.

Devant les conséquences dramatiques de ce blocus total, l’Union Européenne avec le Quartet a mis en place le TIM (Mécanisme Temporaire International) pour financer indirectement les services essentiels hôpitaux, écoles, services sociaux, fioul et électricité.

L’Union Européenne aurait déjà versé en 2006 l’équivalent de 650 Millions d’Euros à l’Autorité Palestinienne. Ce qui représente une somme globale supérieure aux versements réguliers de 2005. La population en ressent, espérons le, les bienfaits. 100 000 foyers en ont bénéficié soit environ 600 000 personnes.

Mais l’aide de l’Europe, dans ces conditions, n’est pas visible. Ce qui demeure ce sont les sanctions directes au HAMAS et à la Palestine pour un vote dont on n’accepte pas les résultats obtenus démocratiquement. Négation d’un processus démocratique qui laisse aussi  à Israël le droit d’arrêter en juillet, 64 membres du HAMAS majoritairement Députés et Ministres (42 sont encore détenus dont 24 Députés et 8 Ministres). Parmi eux, on compte le Président du Conseil Législatif Palestinien et le Ministre des Affaires Etrangères.

En leur absence nous avons pu rencontrer le Vice Président du Conseil Législatif et le Vice Ministre des Affaires Etrangères. Une situation absolument inacceptable et que la Communauté Internationale passe politiquement sous silence. Au risque de décrédibiliser dangereusement le principe même d’un processus démocratique basé sur les élections. Or, l’on prétend considèrer à juste titre et les Américains notamment dans leur processus de Grand Moyen Orient que l’évolution démocratique des Etats est la seule politique de substitution à l’action militaire et le meilleur moyen de lutter contre le terrorisme.

Qu’en est-il de cette action démocratique concrètement et ponctuellement sur le terrain palestinien ?

 

Après l’échec de la force ce sont les pratiques mêmes de la démocratie qui sont en jeu. Un exercice coupable qui décrédibilise l’ensemble de la Communauté Internationale muette, complaisante ou co-acteur. Et qui pousse vers l’islamisme et le radicalisme des populations en souffrance et dont le doute s’empare. Les résultats sont totalement à l’inverse des objectifs visés. Cette politique coupable et brutale n’était évidemment pas la meilleure. Les faits sont là.

 

Quelle voie aurait il mieux valu suivre ?

 

Selon nos interlocuteurs palestiniens et parfois israéliens, probablement celle que le vote démocratique imposait en « accompagnant » le HAMAS et en l’obligeant à évoluer. En soumettant les aides consenties à des conditions strictes, notamment celle de continuer d’emblée un Gouvernement d’Unité Nationale. En responsabilisant au maximum les éléments les plus modérés de ce « mouvement islamique radical et armé » qui était entré dans le processus démocratique et des élections, déjà aux municipales de 2005 puis aux législatives de janvier 2006.

Beaucoup de nos interlocuteurs, de tous horizons de la société civile ou politique évoquaient ce processus comme le seul raisonnablement possible et constructif.

Il aurait évité, aussi, au HAMAS ses erreurs de gestion et de positionnement qui au demeurant n’ont pas tellement altéré sa force et feraient plutôt de lui une victime. « Le HAMAS aurait joué le jeu » pensent beaucoup. La preuve depuis ces élections plus de 300 membres du HAMAS ont été tués et le HAMAS ne fait pas de protestation violente ou de provocation…Par contre, se sont créés dans le même temps en Palestine 7 « organisations terroristes liées à Al-Qaïda… La preuve que la politique frontale n’a rien donné sinon une détérioration de la situation en profondeur.

« Incontestablement il aurait mieux valu accepter la situation, dialoguer avec le HAMAS et fixer des conditions ». POUTINE, avait mieux compris, nous dit un interlocuteur. Effectivement ses premières déclarations avaient une tonalité juste. L’Occident, lui ne s’est pas intéressé au HAMAS et il ne l’a pas fait évoluer.

Aujourd’hui, le HAMAS avec HANIYEV le 1er Ministre et les plus modérés sont évidemment affaiblis. Le mouvement se radicalise autour de son leader religieux NASRALLAH. Mais le Président Palestinien ABOU MAZEN et le FATAH déjà sanctionnés, par les résultats des élections n’ont pas eu le soutien nécessaire de la Communauté Internationale, des Etats Unis et d’Israël pour tenter de faire avancer un processus constructif dans un système globalement bloqué c’est la population palestinienne qui en fait les frais. Elle est prise en otage entre les Milices armées du HAMAS et du FATHA et les bombardements israéliens. Une première occasion manquée de gérer autrement une situation politique délicate.

 

 

 

·                              LE CESSEZ LE FEU

 

Une deuxième opportunité se présente maintenant : depuis le 27 novembre  la déclaration de « Cessez le feu » à Gaza par Abou MAZEN et Ehoud OLMERT. Elle est globalement respectée.

C’est une surprise nouvelle et bien accueillie. Nous étions présents à Ramallah et à Tel Aviv pour en témoigner.

 

Cette déclaration est qualifiée par certains responsables politiques Palestiniens et Juifs de « mouvement historique ».

 

Une nouvelle occasion à saisir par la Communauté Internationale pour tenter de faire avancer les choses.

 

Les pays arabes modérés (Egypte, Jordanie, Etats du Golfe, Koweït Arabie Saoudite..) ont besoin de l’Europe

Le Président BUSH et les USA ont besoin de l’Europe. En Irak, en Afghanistan et dans le conflit Israëlo-Palestinien, qui est prioritaire. Même si les Américains s’obstinent à considérer que le règlement de ce conflit n’est pas essentiel parce qu’il serait un problème intérieur et local. Quelle erreur, lourde de conséquences. Ce problème est au cœur de tous les autres, il est au centre du « terrorisme mondial » et de la montée de « l’islamisme radical ». BEN LADEN n’aurait jamais pu espérer rapprocher tous ces problèmes et coordonner tous ces réseaux au service de son idéologie religieuse. Les Américains s’en sont chargés. Le résultat est catastrophique. La Palestine est menacée, de guerre civile et pas seulement à Gaza.

 

L’Europe doit agir mais elle est victime de sa non existence politique  et donc de son absence de politique étrangère définie et reconnue. Elle ne parle pas d’une seule voix et n’a pas de diplomatie. Elle ne peut donc être entendue. Bien que Xavier SOLANA soit le Représentant de la Politique européenne de sécurité. Et c’est dramatique.

Il y a une « demande » d’Europe immense. L’initiative récente de l’Espagne, l’Italie et la France à Gérone le 16/11/2006 sans l’Allemagne et malgré les Britanniques et les Américains, est l’expression de cette nécessité de combler un vide réel et pénalisant. C’est un changement d’attitude. Cette initiative a peut être poussé les deux leaders affaiblis que sont ABOU MAZEN et Ehoud OLMERT à reprendre la main en annonçant un CESSEZ le feu inattendu mais bienvenu.

 

La tentative d’Ehoud OLMERT d’engager une « bonne guerre » a échoué au Liban… « Une Grande Paix » pourrait être la nouvelle démarche à condition de réunir les conditions d’un accord urgent et définitif  (AKIVA ELDAR journaliste au Haaretz). « La force d’Ehoud OLMERT c’est peut être sa faiblesse » mais il a une majorité à la Knesset. Et la population israélienne, qui aspire à la paix  pourrait valider un processus de Paix par référendum. C’est un scénario le…énième. Certains ont « espoir » d’autres désabusés attendent la suite sans se faire d’illusion. Les grands leaders d’hier, RABIN, HUSSEIN de Jordanie, CLINTON et bien sur ARAFAT et SHARON avec son « unilatéralisme personnel » mettent en évidence la faiblesse des autres qui n’ont « ni plan », « ni agenda », … « ni colonne vertébrale », ce qui est plus grave. Le pessimisme et le fatalisme sont une tonalité d’ambiance forte.

Israël refuse momentanément la paix et Ehoud OLMERT a listé les conditions de reprise des relations avec l’Autorité Palestinienne et l’engagement d’un dialogue « ouvert, sincère et sérieux » :

            Un Nouveau Gouvernement palestinien d’Union Nationale ; L’application des 3 principes du Quartet et la mise en œuvre de la « Feuille de Route » ; la libération du soldat GILAD SHALIT

 

En échange, Israël libérerait « de nombreux  détenus Palestinien (il y en à 10 000). Il propose aussi, de débloquer les fonds « gelés » 60 Millions de $ mensuels de droits de douane perçus par Israël et que l’administration ne reverse plus depuis mars 2006. L’arrêt de la violence devrait permettre de réduire « de façon substantielle » le nombre de barrages pour faciliter la circulation des Palestiniens.

La réponse des Palestiniens a été notamment « les Palestiniens sont entièrement prêts à engager des négociations sur le statut final des territoires occupés, sur le sort de Jérusalem, des colonies, des réfugiés et des frontières pour conduire à l’application de la feuille de route ».

 

 

Un Gouvernement Palestinien d’Union Nationale

 

Nos rencontres avec les personnalités palestiniennes les plus importantes (hors Abou MAZEN qui était à Gaza) ont eu lieu avec HASSAN HREISHEH, 2ème Vice Président du Conseil Législatif palestinien (député indépendant) en l’absence des premiers responsables HAMAS du Conseil Législatif qui sont en prison. Rencontre aussi, avec AHMAD SOBOH, Vice Ministre des Affaires Etrangères en l’absence du Ministre qui est également en prison.

 

Ces deux éminents interlocuteurs nous ont donné le sentiment réel d’avoir l’espoir de mettre en place un Gouvernement d’Union Nationale Palestinien, avant la fin de l’année 2006.

 

Les personnalités « pressenties » et « respectées » seraient choisies hors des cercles politiques critiqués et indépendants. Ce gouvernement ne serait pas pour autant un « Gouvernement de technocrates ». Ce n’est pas bon. Nous avons eu confirmation du fait que Mr CH BEIR, 60 ans, Président de l’Université Islamique de Gaza pourrait être pressenti pour être 1er Ministre. Il semblait possible que le FATAH ait le Ministère des Affaires Etrangères. Par contre FATAH et HAMAS revendiquaient chacun de son côté le ministère de l’intérieur et celui des finances.

 

Le programme de ce Gouvernement d’Union Nationale répondrait aux 3 exigences premières de la Communauté Internationale et devrait satisfaire Israël.

1        -  Reconnaissance d’Israël (et des 2 Etats)

2        – Respect des accords d’Oslo signés avec Israël

3        – Fin de la violence

 

Etant entendu que l’OLP a déjà souscrit à ces exigences et notamment à la reconnaissance d’Israël. Or le Gouvernement est une émanation de l’OLP et ses décisions s’imposent au HAMAS et au FATAH.

L’accord de Cessez le Feu pour ces responsables palestiniens devrait être simultané à la mise en place de ce gouvernement. Or, il l’a précédée.

Le choix définitif du Premier Ministre serait conditionné par l’acceptation de ce programme. Ce programme politique ferait aussi donc l’objet d’une lettre du Président de l’Autorité Palestinienne / Mahmoud ABBAS au Premier Ministre pressenti qui devra répondre par lettre s’il accepte ce programme et cette politique. Les 2 lettres constitueront les documents fondateurs du gouvernement d’Union Nationale et de son programme. Elles feront, ensuite, l’objet d’un vote du Conseil Législatif Palestinien.

 

Ainsi par un discours de modération, serait susceptible de s’installer un Gouvernement Palestinien d’«Unité Nationale» pourrait se structurer. Mais il est encore nécessaire d’y amener le HAMAS par le constat de sa situation 9 mois après les élections et de la demande de la population. La société palestinienne est en pleine crise économique et au bord de la guerre civile. Les représentants du HAMAS et sa faction « modérée » font figure de gens sérieux et responsables Ismaël HANIYEH encore Premier Ministre du HAMAS se dit prêt à se « sacrifier » en cédant sa place à une personnalité « neutre » pour obtenir la levée du blocus économique. On en accepte l’augure. Le HAMAS se montre peut être, apte à évoluer à condition que l’on sache être attentif aux exigences « du vocabulaire » et aux modalités du compromis délicat à établir dans un pays « occupé » et « enfermé » où l’humiliation est quotidienne et insupportable.

 

 « La sécurité d’Israël est à quel prix ? ». Certains répondent : « Israël travaille à sa propre destruction ». C’est une phrase qui sonne comme un glas mais qui revient souvent.

 

 

 

 

2 – LES ACTEURS D’UNE PAIX DURABLE AU MOYEN – ORIENT

 

« Il faut briser le monopole des USA » sur ces dossiers du Moyen-Orient et même du Grand Moyen-Orient. C’est à dire l’Irak, le conflit Israëlo Palestinien, l’Afghanistan….et peut être l’Iran ; « Le désastre était prévisible et annoncé…». « Le temps presse…. » moins d’un an pour l’Irak et l’Iran »…

« peut être 6 mois pour ABOU MAZEN, le Président de l’Autorité Palestinienne»

 

 

 

·                              Le rôle des pays arabes modérés et Alliés des USA

 

Chacun doit agir dans sa zone de proximité et en fonction de ses aptitudes. La Ligue arabe malgré ses divisions doit s’exprimer et elle le fait. Les pays les plus influents mesurent bien leur rôle notamment de déstabilisation (Syrie, Iran, Arabie Saoudite….) mais aussi d’équilibre dans une région où la sécurité est en jeu et la stabilité un objectif. L’Egypte et la Jordanie s’y emploient. Le Koweït et les Etats du Golfe, aussi. La Turquie est concernée, aussi, par la déstabilisation de l’Irak et une guerre civile éventuelle qui poserait le problème des Kurdes. L’onde de choc traverserait toute la Turquie. Mais ces pays « modérés » ou « alliés » des Etats Unis payent le prix des erreurs des USA en Irak ou de l’inaction en Palestine. Saddam HUSSEIN est tombé mais l’islamisme progresse dans un ancien état « laïque »8% seulement des Députés au Parlement ne sont pas élus d’un mouvement religieux. La Jordanie était ravitaillée en pétrole à prix réduit par l’Irak et même gratuitement. C’est fini. Ces pertes économiques ne sont pas visibles mais elles sont réelles. Le problème de l’Irak pèse directement sur le pays :qui accueille quotidienne près de 1000 réfugiés et subit des attentats terroristes à AKANA et AMMAN, par exemple.

 

L’Irak est à un tournant. La guerre civile pourrait avoir des conséquences incalculables et incontrôlables.

 

Pour le conflit Israëlo/Palestinien

Le plan de paix de l’Arabie Saoudite et du Prince Abdallah qui avait fait l’objet d’une prise de position de la ligue arabe à Beyrouth en 2002 est toujours d’actualité. Il est  même la référence pour les discussions de l’actuelle Autorité Palestinienne. Il s’appuie sur le retrait d’Israël des territoires occupés et « l’échange des territoires » en contrepartie de la paix ; la création d’un ETAT palestinien et le problème des réfugiés.

 

Le moment est peut être important, « historique » disent certains. La situation est radicalement différente mais les crises, les menaces de guerre civile en Irak, en Palestine, au Liban et la faiblesse de tous les leaders engagés sur les différents chantiers : BUSH et TALABANI en Irak, OLMERT en Israël, Abou MAZEN et NAZARRALH en Palestine, SINIORA et LAHOUD au Liban. Partout on a besoin des « bons offices » des pays tiers. Pour les ETATS ARABES, les puissances régionales (Syrie, Iran) ou l’Union Européenne, notamment dans le cadre du Quartet (UE, Russie, USA, ONU), c’est le moment de faire bouger les lignes.

 

 

 

 

 

·                              L’Union Européenne et le Quartet (UE, RUSSIE, USA, ONU)

La nouvelle coalition des puissances méditerranéennes (Espagne, France, Italie) a bien pris une initiative (Gérone Novembre 2006) qui repose sur 3 propositions :

-         cessation de toute violence,

-         constitution d’un gouvernement d’Unité Nationale en Palestine

-         échange de prisonniers (dont le soldat israéliens).

 

Suivie d’une rencontre Ehoud OLMERT / Mahmoud ABBAS et d’une « mission d’observation » à Gaza. Enfin, une « Conférence Internationale » organisée à moyen terme. Xavier SOLANA, le représentant de la politique européenne de sécurité a été informé de cette initiative…

Israël, a rejeté cette initiative dite de Gérone…mais les événements de ces derniers jours entre Israéliens et Palestiniens laisse supposer qu’elle a peut être stimulé ces pays. Cependant, les pays de l’Union Européenne pris séparément et l’organisation dans son ensemble doivent jouer un rôle plus important et impulser une nouvelle Politique même dans le cadre du Quartet. En commençant par l’ouverture du dialogue, des pressions pour accompagner les changements et le soutien aux réformes. Tous les pays de l’Union Européenne ne sont pas à  l’unisson. Il y a des pays pro-israéliens comme la République Tchèque ; certains sont plus sensibles aux Droits de l’Homme et au respect du Droit International (pays Scandinaves). Mais un fait nouveau est à noter, à l’ONU des votes sur les Résolutions peuvent se faire à l’unanimité : comme en 2004 contre « le mur » et en 2006 après les attentats de BEIT HAMNOUN.    

Le processus de Barcelone n’est pas engagé dans une dynamique suffisante et la « politique de voisinage » qui est en place pourrait être plus efficace. Mais l’Europe (Commission) a fourni en 2006, 329 Millions d’Euros d’aides. 18,7 % de plus qu’en 2005.

 

L’Union Européenne et notamment dans le cadre du Quartet est sûrement en mesure, à partir des expériences précédentes, d’imposer au problème israëlo palestinien un traitement global qui passerait par une conférence internationale. La feuille de route est sûrement caduque et on peut désormais inclure la fin du processus dans son déroulement en fixant comme objectif :

-         la sécurité d’Israël ; un état palestinien indépendant et viable, le retour des réfugiés (principe et indemnités) ; les colonies et les frontières de 1967 (restitutions ou échanges).

 

Les USA aussi doivent réévaluer leur politique, voire en changer.

Au Royaume Uni Tony BLAIR vient de rappeler l’importance du règlement du conflit palestinien pour la stabilité régionale.

Les Russes ont eu un discours plus équilibré et un ton plus juste.

Israël s’opposera encore au processus de paix globale. C’est la seule constante sous tous les gouvernements.

 

§         Israël semble ne pas vouloir de partenaire palestinien pour négocier. Et a successivement affaibli ARAFAT, affaibli Abou MAZEN, affaibli le HAMAS…

§         Israël semble ne pas vouloir non plus de partenaire extérieur. Dans un conflit « interne » ce serait de l’ingérence.

§         Israël semble installer entre « le choc » et « le vide » ; l’échec militaire (malgré ses 10 000 soldats) et l’affaiblissement politique ; sans « agenda », sans « plan unilatéral »…Israël semble cependant ne vouloir ni « trêve », ni « paix » ni résolution 1701…  « le Cessez le feu » au demeurant voulu par Ehoud OLMERT est plus une fracture qu’une ouverture vers des perspectives nouvelles et la paix.

Que va faire Israël, demain ? Peut être refermer la porte ?

§         Israël jusqu’à maintenant, privilègiait une « démarche unilatérale » à l’exemple de « la feuille de route de Sharon ». Mais aujourd’hui, Israël n’en a plus. Le conflit, alors, pourrait durer …ou peut être évoluer….

 

Il y a une place, maintenant, pour d’autres partenaires notamment l’Union Européenne et une nouvelle politique. Il est urgent de prendre cette place et d’entrer dans ce jeu pour influer. Sinon …l’avenir serait chaque jour plus incertain.

 

Et 57% de la population israélienne pense qu’Israël pourrait ne plus exister un jour prochain, ! C’est dramatique.

 

 

 

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