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Asie Centrale
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22/10/2005 15:19:05
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Le Tadjikistan voit son opposition politique reduite a son strict minimum
Des critiques s’élèvent contre le gouvernement contre ses tentatives à fausser la compétition politique en vue de l’élection présidentielle qui devrait se dérouler courant novembre 2006.
Les échéances électorales approchant, les membres de l’opposition politique accusent le régime d’établir une campagne destinée à éliminer peu à peu les rivaux potentiels au président actuel Imomali Rahmonov. Rahmatillo Zoirov, le dirigeant du parti Social-Démocratique, SDP, a indiqué à IWPR que la pression s’accroissait sur les membres de son parti. Zoirov, ancien conseiller juridique du président actuel, avait quitté son poste en 2003, à la suite d’un référendum controversé, n’a pas indiqué si lui-même ou qui de son parti se présenterait aux élections, “Il n’a pas encore été décidé de qui représenterait le parti. C’est même risqué d’en parler” avoue t il. Le président du Tadjikistan avait usé du référendum populaire pour amender la constitution lui permettant de concourir pour un autre mandat ; il s’est d’ailleurs déjà déclaré candidat à sa propre succession.
Pressions politiques Selon Zoirov, durant l’élection législative de cette année, en février 2005, la pression gouvernementale a atteint son maximum en fabriquant des accusations de toute sorte contre les membres de son parti, candidats à la députation. Le SDP a remporté seulement 0,7 % des votes selon les statistiques officielles, mais ce résultat est fortement remis en doute. L’essentiel était en réalité de faire du parti du président, le Parti du Peuple Démocratique, le vainqueur incontesté. Les observateurs insistent sur le fait que les accusations sont politiquement motivées et appellent le gouvernement Tadjik à la retenue. Deux activistes du SDP –l’ancien candidat à la députation Nizomiddin Begmatov et Nasimjon Shukurov- ont ainsi été condamnés respectivement de peines de prison de 12 et 18 mois pour avoir insulté des juges à la Cour de Matcha au nord du pays. Mais le SDP n’est pas le seul parti de visé dans cette politique de fermeté du gouvernement. Le Parti Démocratique s’est vu privé de dirigeant lorsque Mahmadruzi Iskandarov a été condamné en Octobre 2005 de 23 années de prison après avoir été jugé coupable de terrorisme, de possession d’armes illégales et de détournements de fonds publics. Les membres de l’opposition politique accusent le gouvernement d’avoir fabriqué de fausses pièces d’accusation pour empêcher Iskandarov de se présenter en tant que candidat face à Rahmonov. Enfin, le Parti de la renaissance Islamique, IRP, qui a fini troisième aux élections législatives, devrait être considéré comme un sérieux concurrent et pouvant présenter un candidat à la prochaine élection présidentielle, mais ce parti est également sans leader actuellement, puisque son dirigeant Sayed Abdullo Nuri est hospitalisé en Allemagne. Le parti recherche activement un autre dirigeant dans la personne de Muhiddin Kabiri. Beaucoup de sympathisants soutiennent ce choix. L’analyse politique Sobirjon Sharipov a indiqué à IWPR que les américains et le gouvernement considéraient également qu’il s’agissait d’un choix judicieux puisque Kabiri n’est pas un Islamiste radical, et en deuxième lieu, parce qu’il n’insiste pas réellement pour se présenter en tant que candidat à la présidentielle. Selon Zoirov, le Parti socialiste ne devrait pas offrir beaucoup de résistance non plus. Le parti continue à être déchiré par les rivalités internes qui ont même empêché ses membres à participer à la dernière élection législative.
Des alternatives politiques ? Zoirov a suggéré néanmoins que les partis d’oppositions s’unifient et présentent un candidat commun. Bien qu’il ait discuté de ce projet avec les partis rivaux, aucun indice ne semble ni confirmer ni infirmer une évolution sur ce dossier. Toutefois, tout le monde ne souhaite pas un changement de gouvernement au Tadjikistan. L’homme d’affaire Abdusattor Gairatov fait partie de ceux qui souhaiteraient que le président actuel reste au pouvoir. Rahmonov a d’ailleurs acquis de sérieux appuis internes et externes. Il a gagné de la crédibilité envers les organisations internationales et les institutions financières. Gairatov se pose la question suivante : ”Qui peut garantir qu’un autre président sera meilleur ? ”. L’homme d’affaire, bien qu’il reconnaisse les compétences de l’ancien conseiller juridique Zoirov, doute de ses capacités à présider le Tadjikistan. “ Il ne détient pas les soutiens nécessaires pour diriger un État. De plus il n’est pas très populaire. Peut être Zoirov sera mieux préparé pour l’élection présidentielle d’après 2006”. Néanmoins il existe un mécontentement général de la population envers l’actuel gouvernement. L’état de l’économie a en effet poussé des centaines de Tadjiks à chercher du travail en Russie. “Quelle sorte de gouvernement est-ce, s’il ne peut assurer aux jeunes générations du travail ?”, s’insurge un père de famille dont les six fils travaillent en Russie. Les bas salaires, et les maigres retraites et allocations affectent énormément la population, en particulier les classes sociales vulnérables. Safargul Ravshanova bénéficie d’une allocation d’invalidité de 12 soms (4 dollars américains) par mois, et elle avoue qu’elle doit vendre tout ce qu’elle possède rien que pour se nourrir. “Désormais, je n’ai plus rien pour dormir. Ce qui va se passer maintenant, je ne sais pas”. Sharipov reste donc sceptique envers tous les partis politiques, gouvernementaux ou d’opposition. En effet, il n’est pas convaincu qu’ils possèdent les solutions pour résoudre la crise économique. Les programmes politiques des partis contiennent beaucoup de promesses. Cependant, nous avons vécu l’expérience de l’espoir décu”. ”Ils vont sans doute faire les mêmes promesses à l’élection présidentielle, mais peu de personnes croiront qu’il puisse y avoir un changement à l’échelle nationale”. Copyright © 2005 [IWPR]. Tous droits réservés.
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