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16/03/2006 13:38:06

 

 

 

Les tactiques de contre insurrection du Royaume Uni mises en pratique lors de la répression d’Andijan  

 

Le Journal écossais, The Scotsman, a révélé lundi 20 juin, que des soldats britanniques avaient entraîné l’armée d’Ouzbékistan, courant automne 2004, et partagé leurs méthodes de contre insurrection. Le journal dénonce la culpabilité de Londres dans le massacre d’Andijan de mai 2005.

 

Des soldats britanniques ont aidé les forces armées ouzbeks à développer leurs capacités de réaction face à toute menace, y compris interne. Ces mêmes forces armées, qui le mois précédent, avait perpétré le meurtre de centaines de manifestations.

« Le soutien britannique qui a viré au drame » titre le journal.

Le gouvernement de la République d’Asie centrale avait admis que 173 civils avaient été abattus entre le 12 et le 13 mai 2005 à Andijan. Pas besoin de mentionner que le chiffre est sans doute trois plus élevé.

L’année dernière, pendant l’automne 2004, 150 vétérans d’Irak ont été envoyés en Ouzbékistan pour entraîner l’armée de ce pays. Les soldats britanniques ont partagé leurs « tactiques » de contre insurrection.

L’entraînement a eu lieu au camp Farish, à 200 kilomètres au sud ouest de la capitale, Tashkent.

 

 

Remise en question de la politique anglo-américaine

 

Cette révélation du Scotsman, journal écossais, soulève la question du soutien inconditionnel du Royaume Uni au régime d’Ouzbékistan. Mais surtout, l’hypocrisie des déclarations du ministre des affaires étrangères, Jack Straw de mai 2005, dénonçant le massacre d’Andijan, et celles de l’ancien ambassadeur anglais en Ouzbékistan Craig Murray font clairement d’un vif débat depuis le début de la semaine au Royaume Uni.

 

Précédemment, le Ministère des affaires étrangères avait déclaré qu’entraîner les forces armées Ouzbeks devait encourager les réformes démocratiques et la participation de l’Ouzbékistan aux missions de maintien de la paix internationales. Ainsi, A la dernière audience au parlement, en février 2004, le porte parole du Ministère avait déclaré que le Royaume Uni apportait son soutien et ses conseils, focalisant ses efforts sur les réformes démocratiques dans le pays.

Cependant, le gouvernement a été hésitant quant à admettre le soutien opérationnel aux forces Ouzbeks.

 

Mais outre le Royaume Uni, les Etats-Unis également, eurent à répondre à des interrogations quant à l’effet négatif du soutien accordé au gouvernement Ouzbek. En effet, l’Ouzbékistan, considéré comme un allié déterminant dans la lutte contre le terrorisme, avait bénéficié de l’aide américaine. Aide et conseils qui fut déterminante dans la répression d’Andijan.

 

 

Polir son image pour ne rien changer

 

Face à ces accusations, le Ministère britannique a essayé de justifier son aide au gouvernement Ouzbek, lundi 20 juin : « Nos activités en Ouzbékistan se limitent à semer les graines d’une meilleure transparence et de gouvernance démocratique. Le Ministre de la défense Ouzbek focalise ses efforts sur la modernisation et le professionnalisme de ses forces armées avec l’aide de notre pays ». Rien de très nouveau dans ce genre de déclaration.

 

Sur la présence des troupes britanniques en Ouzbékistan, le Ministère précise qu’elles ne sont présentes que dans le cadre d’un exercice annuel de maintien de la paix.

Le seul mouvement aurait pu être l’abandon d’opérations d’entraînement de ce genre avec l’Ouzbékistan. Mais ici aussi, l’attente est de mise, puisque le porte parole du Ministère s’est refusé à répondre à cette question.

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