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16/03/2006 13:38:06

 

 

             

      Le ton monte entre l’Ouzbékistan et l’OTAN

  

L’Ouzbékistan a refusé d’envoyer son représentant à la conférence mensuelle des ministres de la défense des pays membres de l’OTAN, jeudi, alors que dans le même temps, un responsable de l’organisation a révélé que les liens avec l’Ouzbékistan étaient en voie d’étude et de révision à la suite de la répression sanglante du mois du mai.

  

L’Ouzbékistan est membre du partenariat Euro- Atlantique de l’OTAN et était donc autorisé à participer en tant qu’observateur aux réunions tenues par l’organisation.

Mais les tensions entre l’OTAN et l’Ouzbékistan se sont accrues durant les semaines suivant la répression violente des forces gouvernementales à Andijan. Une révolte populaire avait alors été stoppée au plus court, par une intervention sanglante.

L’ancien Etat soviétique accusait les rebelles réprimés d’appartenir à une cellule terroriste.

Human Right Watch au contraire, accusait à son tour le gouvernement ouzbek, d’avoir organisé un véritable massacre durant lequel les troupes ouzbeks ont ouvert le feu sur la foule.

L’OTAN s’était alors joint à l’ONU pour réclamer une enquête internationale. Mais l’Ouzbékistan a rejeté cette possibilité, soutenu par la Russie.

 

 

Le soutien Russe

 

En effet, la Russie, par la voix de son Ministre de la défense Sergei Ivanov, a refusé de condamner l’action de Tachkent (capitale de l’Ouzbékistan) à Andijan.

Ivanov justifie la répression ouzbek par le fait que la violence à Andijan était orchestrée d’Afghanistan et que beaucoup des rebelles arrêtés étaient en réalité des combattants venus de l’étranger.

« Cela a été organisé depuis l’Afghanistan, tous les plans ont été élaborés dans ce pays ». a-t-il dit, lors d’une conférence de presse.

« Selon nos sources, 50 ressortissants étrangers sont impliqués dans la rébellion à Andijan, certains ont été arrêtés. Et contrairement à d’autres pays, nous n’avons pas l’intention ni de condamner quelqu’un ni d’accuser. Nous n’allons pas nous précipiter vers des conclusions hâtives, contraints par la pression ».

 

Cette position diverge clairement de celle avancée par l’ONU et l’OTAN.

Le Secrétaire général de l’OTAN Jaap de Hoop Scheffer avait d’ailleurs soulevé la question durant une réunion durant laquelle la Russie était présente ; mais leurs visions étaient clairement différentes.

« Je ne peux pas dire que nous divergeons sur tous les éléments » a-t-il révélé au cours d’une conférence de presse, « [mais] sur le point précis de l’enquête internationale, nous n’avons pas la même opinion ». La Russie ne s’est donc pas jointe au chorus de la communauté internationale réclamant un examen.

 

 

Vers une possible révision du partenariat avec l’Ouzbékistan

 

L’attitude de l’OTAN de réexaminer son partenariat avec l’Ouzbékistan à la lumière des événements d’Andijan et du refus de Tachkent d’une enquête internationale a certainement déterminé le choix du gouvernement ouzbek de boycotter les réunions mensuelles de l’organisation.

Quelle sera la réaction de l’Alliance Atlantique ?

Deux membres de l’OTAN, les Etats-Unis et l’Allemagne, ont loué des bases aériennes en Ouzbékistan, et les utilisent pour la logistique d’opérations de maintien de la paix en Afghanistan.

On peut donc douter d’une révision future des relations avec l’Ouzbékistan et d’une plus forte pression sur ce pays pour respecter les droits humains. La menace initiale de suspendre le partenariat de la paix avec l’Ouzbékistan a d’ailleurs été écartée définitivement

Néanmoins, rien n’est moins sûr, une politique plus ferme reste dans le choix des possibles :

« Utiliser ces bases demeure très utile pour mener des opérations mais nous allons tout de même étudier une éventuelle révision de nos relations avec l’Ouzbékistan » a déclaré un porte parole de l’OTAN, «  et s’il y a des problèmes, nous trouverons des alternatives ».

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