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16/03/2006 13:38:06

 

 

 

Le Kyrgystan devra choisir : les Etats Unis ou la Russie ?

Le petit état d’Asie centrale, tout juste sorti de la crise de mars 2005, est confronté à un dilemme de taille, alors que l’élection présidentielle devrait intervenir courant 2006. En effet, le Kyrgystan doit choisir s’il désire se rapprocher soit des Etats-Unis soit de la Russie ; un choix qui entraînera un certain nombre de conséquences pour l’évolution du pays.

Les bases américaines et russes situées sur le territoire du Kyrgystan sont le symbole de la rivalité existante entre les deux grandes puissances pour l’accroissement de leur influence en Asie centrale.         Le Kyrgystan est une petite république d’à peine cinq millions d’habitants. A priori il ne représente qu’un intérêt limité. Bien au contraire, il est rapidement devenu une source de tension et un enjeu d’influence entre la Chine, la Russie et les Etats-Unis. « C’est le lieu d’intersection de trois superpuissances……. Notre pays est petit et notre premier devoir est la sécurité de la nation, non seulement la sécurité militaire, mais aussi économique et territoriale » a affirmé Miroslav Niyazov, le directeur du conseil de sécurité du Kyrgystan, selon une dépêche de l’AFP du 17 juillet 2005.

Des relations amicales

Les relations avec la Chine se sont normalisées à la suite d’un accord de démarcation des frontières signé par les deux pays l’année dernière. Quant aux relations avec Moscou et Washington, on ne peut pas dire qu’elles sont mauvaises ; elles sont plutôt conviviales : la présence russe est surtout marquée par de nombreux accords énergétiques, et la présence américaine s’est accentuée depuis l’intervention militaire en Afghanistan.

Mais ce sont plus les relations entre les deux autres puissances, les Etats-Unis et la Russie, qui préoccupe l’actuel président Kyrgyz. Il sait qu’il sera, un jour prochain, confronté à faire un choix entre les deux. En effet, la Russie suspecte les Etats Unis d’avoir fomenté la révolte populaire menant à l’éviction de Askar Akayev et à la montée au pouvoir de Bakiyev. Elle craint de ce fait, perdre de l’influence dans le pays.

Pourtant, l’évolution actuelle a plutôt tendance à pencher en faveur de la Russie. A un sommet de l’Organisation de Shanghai qui s’est tenu au début du mois de juillet, un groupe de sécurité régional co-dirigé par Moscou et Pékin, le président Kyrgyz a signé une déclaration demandant l’établissement d’un agenda pour le retrait des troupes américaines du territoire Kyrgyz. Dans le même temps, la Russie annonçait un doublement du nombre de ses troupes présentes à la base de Kant, menant donc le total à plus de 600 soldats.

Pourtant, une déclaration reste une déclaration. Juste une intention. Et les officiels américains semblent considérer celle-ci de cette manière là, et ne lui apportent pas plus de crédit qu’elle ne doit en avoir. Ainsi, un diplomate a révélé qu’il n’envisage pas le départ des 1000 soldats américains dans un proche futur. La base américaine à Manas a été construite en 2001 et demeure un centre de commandement et d’opérations important dans la lutte engagée en Afghanistan. Il rajoute que, toujours selon AFP, « Actuellement, Bakiyev n’est pas dans la position de nous demander de partir ». Cette assurance est basée notamment sur le caractère vital de l’aide économique américaine au pays.

Une situation durable

Un analyste politique Kyrgyz confirme que le Kyrgystan est « géopolitiquement dépendent de la Russie et de la Chine, mais financièrement des Etats-Unis. Comme nous le savons, lorsqu’ils arrivent dans un pays, c’est pour le bien du pays….. Une raison cruciale qui me pousse à croire que la situation actuelle va s’éterniser et ne pas évoluer ».

Si la question du retrait américain et du choix d’un partenariat stratégique renforcé avec une des deux puissances est mise sur le tapis, c’est parce qu’elle représente un enjeu de la campagne présidentielle engagée au Kyrgystan. Ainsi, en contraste avec le mutisme et la prudence de Bakiyev sur ce sujet, Felix Kulov, son adversaire direct à la course à la présidence prône une approche multilatérale.« le Kyrgystan devrait avoir une politique engageant des relations multiples et avec de multiples acteurs. Nous ne pouvons nous permettre d’avoir des ennemis. Par conséquent, nous nous devons d’entretenir des relations harmonieuses avec chacune des grandes puissances ».

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