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Asie Centrale
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19/11/2005 10:56:24
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Les résultats de la privatisation de la presse au KirghizistanLa décision du gouvernement de privatiser les journaux officiels pourrait créer une presse plus libre au Kirghizistan. Cependant beaucoup craignent que le pouvoir maintienne un contrôle de longue durée.Faisant partie de la politique de souplesse gouvernementale envers le secteur médiatique, les autorités kirghizes ont annoncé des mesures concernant la privatisation des journaux détenus par le gouvernement. Mais les équipes éditoriales doutent qu’elles puissent gagner leur complète indépendance.Un décret du président Kurmanbek Bakiev du 8 décembre annonçait que deux des trois principaux journaux nationaux, Slovo Kyrgystana et Kyrgy Tuusu, allaient être mis en vente. De plus les huit journaux régionaux détenus par le gouvernement seront aussi privatisés.
Une libéralisation de la presse nationale et régionale: Avant que Askar Akaev soit destitué du pouvoir en mars cette année, son gouvernement avait utilisé les médias détenus par le gouvernement comme outil majeur de répression de l’opposition politique. Le contrôle du gouvernement sur les médias était devenu moins pressant avec l’arrivée de l’administration Bakiev et la privatisation est supposée renforcer cette libéralisation déjà débutée. « Le président avait fait une promesse après la révolution de Mars, et il a tenu parole », a souligné le porte parole Dosaly Esenaliev à IWPR, « avec ce décret, une étape a été faite vers le privatisation des médias gouvernementaux, et désormais ils ont une chance pour devenir une presse indépendante ». Mais malgré ces indications, les journalistes des deux journaux visés par la privatisation doutent que l’Etat rompt ces liens tout de suite. Ils craignent que le gouvernement maintienne un contrôle éditorial, c’est à dire qu’il ait son mot à dire sur la ligne éditoriale.
Craintes d'un maintien du contrôle gouvernemental: Alexander Malevany, l’éditeur en chef de Slovo Kyrgystana, s’adressant à IWPR, indique qu’ « il serait plus facile pour nous de vivre si une complète liberté nous était accordée, mais nous craignons que cela ne se passe pas ainsi. Nous allons essayer de maitriser cet enjeu ». Bayut Orunbekov, l’éditeur en chef de Kyrgyz Tuusu espère que le gouvernement autorisera l’achat d’une partie des actions par l’équipe éditoriale, « s’ils ne nous donnent pas l’autorisation de participer à cet enjeu, alors il n’y aura aucune vente en enchère. L’équipe veut acquérir une partie des actions, et nous ne laisserons aucune personne extérieure nous concurrencer ».
Les journaux appartenant à l’Etat ont déjà été gratifiés d’une liberté relative depuis la révolution de mars, et leur contenu apparaît plus neutre et plus objectif. Abduvahad Moniev, l’éditeur en chef de Osh Janyrygy, un journal régional du sud du Kirgizistan, révèle qu’il a été autorisé à modifier la politique éditoriale. « Après mars, j’ai commencé à publier une série plus large d’articles. Le journal a eu un public plus grand et sa diffusion augmente mois après mois. C’est parce qu’il n’y a aucune pression ni censure ». Mais Moniev admet que son journal est subventionné par le budget régional du gouvernement et qu’il reste dépendant de la volonté du gouverneur. Malevany s’autorise à penser que les autorités continuent à influer d’une certaine manière. Il dit, « à l’époque de Akaev, nous subissions une forte pression, mais désormais il s’agit plus de souhait et de persuasion. Cependant le refus n’est toujours pas une option ».
Nurlanbek Shakiev, l’éditeur en chef de Erkin Too, le seul journal que le gouvernement possède qui ne sera pas soumis à la privatisation, a une vue différente, en partie parce que son journal recoit très peu des fonds que l’Etat pourrait lui accorder. « Je ne peux pas dire que nous sommes mis sous pression ou que nos publications subissent des interventions externes. L’Etat nous accorde une subvention minime et nous couvrons 97% des couts par nous même, alors je peux assurer qu’il n’existe aucune pression ici » affirme t il. A la suite de la prochaine privatisation, Shakiev ajoute, « nous serons le seul journal officiel, et nous sommes heureux de cette future situation ».
Tout dépend maintenant de la manière dont sera menée la privatisation. Une source anonyme du Comité de la Propriété d’Etat, qui s’occupe des privatisations, révèle à IWPR que le processus de privatisation débutera au début de l’année prochaine. « Nous sommes conscients que les équipes de ces journaux vont tenter d’avancer par leurs propres moyens, et cela peut même résulter par de longues manifestations devant la Maison Blanche », indique la source, qui a refusé d’être identifiée. Il a ajouté que les autorités envisageaient d’autres options, comme celle de créer des entreprises conjointes à travers lesquelles l’Etat pourrait détenir ses parts dans les journaux et donc maintenir un certain contrôle sur eux.
Selon Ilim Karypbekov, un expert
juridique de l’organisation de soutien aux médias, Internews à Bishkek, des
prudences sur le processus de privatisation doivent déjà être faites. Il est
convaincu que dans tous les cas possibles, « l’Etat sera impliqué dans la
ligne éditoriale de ces médias, de toute manière ».
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