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16/08/2005 14:37:06 |
L'islamisme radical est le danger numéro un en Asie centrale
MOSCOU, 11 août (par Arseni Oganessian, commentateur politique de RIA Novosti). L'expulsion de la base américaine d'Ouzbékistan a provoqué une attaque en règle des médias occidentaux contre Moscou et, partiellement, contre Pékin, sans l'appui desquels, selon l'Occident, le président ouzbek, Islam Karimov, n'aurait jamais osé entreprendre une démarche aussi désespérée. La perte par les Américains de cette tête de pont est un fait qui indéniablement mérite une attention de tous les instants. Cependant, il serait erroné de considérer cet événement hors du contexte, beaucoup plus large, du grand jeu géopolitique mené pour les sphères d'influence en Asie centrale. Trois acteurs principaux sont en présence: la Chine, la Russie et les Etats-Unis. Chacun d'eux a ses intérêts mais dans le même temps tous souhaitent que la tranquillité et la prospérité s'instaurent dans cette région miséreuse, une chose qui n'interviendra que lorsqu'une victoire déterminante aura été remportée sur l'islamisme radical, une victoire nécessairement obtenue conjointement. Plus les parties seront conscientes de cette chose et plus large sera la marge de manoeuvre qui leur permettra de parvenir au compromis dont elles ont toutes besoin. Voilà justement où réside l'intérêt commun de Washington, de Moscou et de Pékin. Nous estimons infondées les accusations lancées à l'adresse du Kremlin selon lesquelles celui-ci agirait dans la région centrasiatique dans le seul but de contrarier l'Occident, en premier lieu les Etats-Unis. Elles ne sont nécessaires qu'à cette partie de l'élite dirigeante américaine qui assume la responsabilité de la politique stupide visant à démocratiser la région tambour battant et de manière irréfléchie, ce qui s'est traduit pour la Maison-Blanche par la perte d'un allié sûr en la personne d'Aslam Karimov. Pour tenter de masquer cet échec on a accusé, par médias interposés, la Russie et la Chine de comploter contre Washington. Quant au régime d'Islam Karimov, du jour au lendemain il est devenu dictatorial, antidémocratique et criminel, alors que de nombreuses années durant les Etats-Unis avaient préféré ne rien dire à ce sujet. Un aérodrome militaire, cela vaut bien plus. Ce qui est certain, c'est que si Moscou a des intérêts géopolitiques à défendre dans cette région, sa politique extérieure actuelle n'est absolument pas contraire aux intérêts des Etats-Unis, ni à ceux de la Chine d'ailleurs. Parce que la Russie est au plus haut point intéressée au maintien de la stabilité en Asie centrale. En effet, les troubles fomentés en Ouzbékistan par les islamistes radicaux menaçaient de transformer toute la région en foyer de tension. C'est la raison pour laquelle Moscou tout comme Pékin ont apporté un soutien à Islam Karimov. Si cela n'avait pas été fait, l'Ouzbékistan aurait pu être le théâtre d'une révolution non pas " démocratique orange ", mais islamiste radicale. Ce qui n'aurait pas fait non plus les affaires de l'Occident. Après les multiples attentats meurtriers perpétrés aux quatre coins du monde par les islamistes fanatiques, plus personne ne doit se faire d'illusions. Le fondamentalisme islamique constitue aujourd'hui un grave danger pour l'humanité civilisée. Partant, la politique de Moscou est plus conforme aux intérêts de l'Occident que les schémas bâtis à la va-vite de démocratisation de la région.
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