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31/08/2005 14:29:32 |
L'Iran cherche a renforcer ses liens avec le Tadjikistan L’accroissement de la coopération économique et culturel décidée par Téhéran, depuis Août 2005, envers la petite République Tadjik n’est pas sans arrière pensée. Cette initiative est tout d’abord motivée par des visées stratégiques.
Une grande exposition commerciale réunissant des dizaines de compagnies iraniennes, s’est ouvert la semaine dernière, à Dushambe, capitale du Tadjikistan, soulignant la croissance sans pareille de la coopération économique et culturelle iranienne, une tendance qui semble faire partie d’une politique étrangère bien ficelée cherchant à se rallier des alliés fiables dans la région. La quatrième exposition des produits industriels iraniens a eu lieu le 25 Août avec la présence de quarante entreprises iraniennes chacune à la pointe dans leurs domaines respectifs. Ces domaines pouvant aller de l’essence, au verre ou au matériel informatique –le principal but de cette exposition étant de favoriser l’accroissement des relations entres entreprises Tadjiks et iraniennes. « Nous attendons la signature de nombreux contrats et la création d’entreprises conjointes irano-tadjiks » indique le directeur de l’exposition, Ali Reza Hushang Najat. Pari gagné puisqu’un homme d’affaire iranien déclare à IWPR que son entreprise, Charm-e-Mugan projette d’investir un million de dollars dans la production d’accessoires en cuir en coordination avec des entreprises Tadjiks.
La coopération économique et culturelle iranienne prend de l’ampleur Dans les récentes années, on a assisté à une augmentation significative des échanges commerciaux entre l’Iran et le Tadjikistan. Echanges dont le montant avoisine les 37 millions de dollars par an, sachant que chaque année connaît un taux de croissance de 10 ou 15 %. L’Iran est en passe de devenir un des principaux importateurs de l’aluminium et du coton Tadjik –deux des plus importantes exportations du pays-, alors que, les années précédentes, les pays européens avaient été longtemps les premiers débouchés des produits Tadjiks. Dans le même temps, les hommes d’affaire Tadjiks importent des marchandises de Turquie et des Emirats Arabes Unis à travers l’Iran ; c’est pourquoi l’Iran investit massivement dans les infrastructures de transport au Tadjikistan, notamment pour la construction d’un tunnel sous le mont Anzob pour un total de 27 millions de dollars –ce qui améliorerait considérablement le réseau routier au nord du Tadjikistan et le relierait plus efficacement aux autres pays d’Asie centrale- Comme pour la coopération économique, l’Iran cherche à étendre ses liens culturels avec le Tadjikistan. Le comité national Olympique iranien a récemment financé la construction d’un centre sportif à Dushambe, centre sportif appelé Firdausi du nom du célèbre écrivain perse. Plus tôt dans l’année, la capitale a accueilli un festival du film iranien et une exposition de miniatures et de calligraphies réalisées par des artistes provenant d’Iran. Dans le même esprit de coopération, un programme d’échanges universitaires entre les deux pays a été mis en place et permettra donc à des centaines d’étudiants Tadjiks de venir étudier dans les universités iraniennes.
Une coopération qui porte ses fruits Un sondage réalisé à Dushambe révèle que la majorité des habitants de la capitale est favorable à un investissement plus prononcé de Téhéran dans le pays. « Sans aucun doute, c’est avantageux que l’Iran investisse dans notre économie et soutienne des programmes culturels », a déclaré Muhammad, « les iraniens sont nos frères, nous partageons des traditions et avons une langue en commun, et n’importe quelle coopération avec eux sera bénéfique pour notre pays ». Rahmonali, étudiant à Dushambe, indique quant à lui, que « le Tadjikistan ne se développera jamais, seul dans son coin. Et c’est préférable que cela soit nos frères iraniens qui nous aident plutôt que les américains qui ne cherchent qu’à se créer des vassaux ». Rizo, un homme d’affaire, est plus mesuré, il déclare qu’il est particulièrement content du partenariat économique avec l’Iran. « je fais du commerce avec un partenaire en Iran depuis cinq ans maintenant » dit il. « Les petites et moyennes entreprises sont mieux organisées qu’auparavant. Ainsi mes partenaires iraniens et moi-même souhaiterions monter une usine de production, ici, à Dushambe ». Hamida, qui a été soutenue financièrement par l’ambassade iranienne à Dushambe, dans le but de l’aider à obtenir les accréditions nécessaires pour aller étudier en Iran, déclare qu’elle a énormément apprécié le professionnalisme des intervenants universitaires iraniens, « l’éducation à Téhéran est totalement différente. Les professeurs n’y sont pas corrompus pour octroyer aux étudiants de bonnes notes ».
Une coopération à finalité politique Mais des observateurs au Tadjikistan estiment que l’intérêt croissant de Téhéran est aussi fondé sur une arrière pensée : s’assurer un allié fiable en Asie centrale. « En augmentant leur coopération économique et culturelle au Tadjikistan, l’Iran poursuit des buts politiques dont le premier est d’établir un partenaire loyal dans la région qui soutiendrait l’action iranien sur le plan international » souligne un analyste politique, Turun Kabirov. Téhéran admet d’ailleurs que cette détermination à rechercher un « allié » motive grandement la croissance de sa coopération avec le Tadjikistan. « L’Iran voit le Tadjikistan comme un partenaire stratégique en Asie centrale, et cette vision est illustrée par le fait que les politiques iraniennes sur le plan international, sont souvent soutenues par les dirigeants Tadjiks » déclare l’ambassadeur iranien à Dushambe, Mohammad Sarmadi. L’illustration la plus frappante est sans doute la solidarité du Tadjikistan envers l’Iran. Lorsqu’au début de l’année, le président Georges Bush avait menacé de lancer une frappe militaire sur l’Iran, les partis au pouvoir et d’opposition Tadjiks avaient condamné cette menace et s’étaient rangés du côté iranien. « Avec la menace d’une campagne militaire américaine contre ce pays musulman, Washington avait poussé à l’alliance irano-tadjik » énonce Kabirov. Encore plus récemment, le soutien de Dushambe s’avéra crucial pour l’obtention par Téhéran du statut d’observateur au sein de l’Organisation de Coopération de Shanghai, une entité internationale de sécurité regroupant quatre pays d’Asie centrale, la Russie et la Chine. Les iraniens avaient alors publiquement remercié les autorités Tadjiks pour cette assistance dans le processus.
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