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Asie Centrale
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16/03/2006 13:38:06
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Investissements chinois en Asie centrale, petits pas d’un géant
L’agence de presse Xinhua, sur des informations du département de commerce extérieur et de la coopération économique, reporte le 2 mars 20051 que des compagnies basées dans la Région autonome ouïgoure du Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine, investissent de plus en plus dans les activités industrielles des cinq républiques d’Asie centrale. Près de 30 compagnies ont investi un montant dépassant 12,6 millions de dollars en 2004. Les pays les plus concernés par cet afflux de capitaux sont le Kazakhstan et le Kirghizstan, puisque 70% des compagnies ont choisi d’investir dans ces deux Etats. Pour autant, les populations kazakhs et kirghizes n’ont pas lieu de se réjouir puisque l’investissement est loin d’être massif ne représentant qu’une moyenne de 400 000 dollars. Une somme de capitaux bien inférieur à celui observé pour l’ensemble des autres entreprises investissant dans ces pays. L’information n’a peu d’intérêt en elle même en dehors du soulagement des industries légères bénéficiant de cette manne providentielle de capitaux, si l’on ne l’englobe pas dans une vision plus large qui reflète la stratégie chinoise en Asie centrale. Déjà, la même agence de presse Xinhua reportait que la Chine investissait dans le domaine cinématographique, produisant pur la première fois un film chinois au Kazakhstan à la mi-février. Ce film intitulé « beautiful Hometown »2 devrait traiter la vie de nomades kazakhs en Chine lors de l'urbanisation. Ces deux exemples ne sont que des parties infimes immergées de l’iceberg. Un véritable investissement et une réelle stratégie volontariste de la République Populaire de Chine est en marche pour prendre pied en Asie centrale. Et de quelle manière cette stratégie peut elle être une réussite, face à une Russie et à des Etats-Unis naviguant à vue entre alliance et défiance ? Tout simplement, se servir des mêmes armes que les adversaires. Ainsi, la Chine se doit de montrer à ses nouveaux clients centrasiatiques que d’une part elle peut fort bien remplacer la manne financière américaine, et d’autre part, que son implication dans la Conférence de Shanghai qui réunit la Chine, la Russie et les cinq républiques d’Asie centrale, peut devenir une alternative viable face à la présence militaire russe et américaine. Le film projeté dans les salles kazakhs au mois de février et dans les salles chinoises un mois plus tard, sera présenté au festival de Hong Kong entre le 22 mars et le 6 avril devrait promouvoir les relations transfrontalières qu’entretiennent certains groupes ethniques dont les Kazakh, les Tadjik et les Ouzbek qui vivent aussi bien dans le Région autonome ouïgoure du Xinjiang que dans d'autres pays d'Asie centrale, selon Zhang Yigang, directeur des studios Tianshan basés au Xinjiang. Pékin pousse au rapprochement entre groupes frontaliers tout en maintenant une surveillance importante et nécessaire pour se prémunir de toute propagation de l’idéologie radicale islamiste promue notamment par le Hizb ut Tahrir. Cette politique de l’approche économico-culturelle se double d’une politique plus ambivalente dans le domaine démographique, puisque le Kirghizstan accueille de plus en plus des migrants chinois pour pallier à son déficit démographique chronique. On dit souvent de la politique chinoise qu’elle fait preuve de prudence, sans doute. Mais prudence ne doit pas flirter avec la fébrilité. Car si ce rapprochement conforté par Pékin peut également être source de dilemmes pour le Parti. Le Xinjiang est tout de même la région la plus autonomiste et la plus « rebelle » des provinces chinoises, et que peut on prédire, sinon que l’échange transfrontalier ne peut que renforcer la propagation de toutes sortes d’idéologies. La Chine met elle, inconsciemment, la patte dans ce que l’on appelle la « guerre des idées », tout comme il existe une « guerre contre la terreur » ? |
REGARDS SUR L'ASIE CENTRALE
[Opposé au communautarisme intransigeant et imperméable à toute idée progressiste, le docteur Auda affirmait avoir deux objectifs: rendre à l'islam son caractère universel et chercher la compatibilité avec certains aspects de la conjoncture culturelle]
[Phénomène structurant de la problématique du trafic de drogue en Asie Centrale, l’instabilité qu’engendre la « Route du Nord » réside dans la croissance exponentielle des flux illégaux, et de qualité, à travers la région venant d’Afghanistan.] L' ASSOCIATION
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