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16/03/2006 13:38:06

 

 

Intimidation au Tadjikistan pour préserver le pouvoir


le 04 mai 2005

De peur de voir se propager une révolution provenant du Kirghizstan, les autorités Tadjiks, par le biais du Parlement à Dushambe, ont édicté de nouvelles mesures répressives le 22 avril 2005, en vue des élections prévues pour courant 2006.

 

Les dirigeants du Tadjikistan, le Président Rhamonov en tête, sont clairement inquiets des événements de mars 2005 qui se sont déroulés au Kirghizstan. Convaincus que le séisme politique survenu dans le pays voisin, mais également en Géorgie et en Ukraine est du à l’action d’acteurs extérieurs, les autorités ont décidé de prendre la situation en main. Les premières mesures émises courant avril 2005 ont été de restreindre les contacts entre les activistes démocrates tadjiks et les organisations internationales ou les ambassades étrangères. Un porte parole du ministère des Affaires étrangères Tadjik a d’ailleurs déclaré le 27 avril que ces mesures étaient destinées à se prémunir de toute "vague de propagation".

La première arrestation faisant suite à ces mesures est celle de l’opposant politique Mahmudruzi Iskandarov, leader du Parti Démocrate. Il a été mis sous verrous pour "activité subversive". Son arrestation reste un mystère et dénote tout le caractère autoritaire des nouvelles mesures édictées. Détenu au début du mois d’avril à Moscou, Iskandarov a été libéré le 3 jours plus tard pour manque de preuves, puis a totalement disparu de la voie publique, faisant sa réapparition dans un centre de détention à Dushambe le 27 avril. Certaines sources avancent l’hypothèse du kidnapping en territoire russe pour l’exfiltrer et le ramener au Tadjikistan.

Tension américano-tadjik

Mais personne n’est dupe. Les "acteurs extérieurs" visés dans les discours des officiels tadjiks sont évidemment les Etats-Unis. L’ambassade américaine à Dushambe, capitale du Tadjikstan, se refuse à tout commentaire quant à l’édiction de ces nouvelles mesures. Elle assure, par ailleurs du caractère solide des relations entre les Etats Unis et le Tadjikistan, mais une chose est certaine, la tension entre les deux pays est palpable.

Tension qui se manifeste dans les médias tadjiks, notamment au travers de rapports faisant état d’une implication américaine dans la révolution de mars 2005 au Kirghizstan. L’ambassade a d’ailleurs demandé au gouvernement de se dissocier publiquement de ces accusations qualifiées de "mensongères" par le personnel diplomatique américain. La lune de miel entre les Etats-Unis et le Tadjikistan n’avait certes pas débutée, mais elle risque d’être repoussée encore plus.

 

 

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