MOSCOU, 5 avril - RIA Novosti. L'accord sur des livraisons importantes de gaz turkmène à la Chine peut porter un coup dur à la Russie qui comptait aussi acheter ce gaz. Les experts conseillent à Gazprom de rejoindre le projet sino-turkmène pour minimiser le préjudice éventuel.
Selon Gazeta.ru, le président de la Turkménie Saparmourat Niazov et le président de la RPC Hu Jintao ont signé mardi un accord général bilatéral déterminant les conditions des livraisons: il s'agit de livrer 30 milliards de mètres cubes de gaz par an, pendant 30 ans, depuis le début de l'exploitation du gazoduc Turkménistan-Chine en 2009.
Pour la Russie, l'accord sino-turkmène peut signifier que les pays d'Asie centrale commencent à se tourner vers les pays d'Asie-Pacifique, en premier lieu, vers la Chine. "Le gazoduc vers la Chine est pour le Turkménistan ce que le Gazoduc nord-européen (GNE) est pour Gazprom", commente Mikhail Kortchemkine, directeur d'East European Gas Analysis. La Russie devient un pays de transit incommode et très cher. A mon avis, le Kazakhstan et l'Ouzbékistan se tourneront également bientôt vers la Chine".
Le prix de revient du gaz turkmène dans le puits est de 2 à 3 dollars, alors que le prix du gaz en provenance de Sibérie occidentale est de 12 à 13 dollars, affirme Alexei Gromov, chef du service d'études du secteur gazier de l'Institut des questions des monopoles naturels. Compte tenu du climat et de la nécessité d'épuration supplémentaire, le prix de revient du gaz de la Sibérie orientale et de l'Extrême-Orient sera plus élevé".
Cette différence substantielle de prix permettra à la Chine de faire pression sur les autorités russes au cours des négociations sur les prix du gaz, estiment les experts. La RPC insiste sur un prix de 70 à 80 dollars les mille mètres cubes, alors que la Russie compte fixer un prix d'au moins 140 à 150 dollars.
Selon Alexei Gromov, le monopole du gaz russe doit accélérer la mise en �uvre des ententes russo-chinoises sur les livraisons de gaz en provenance de Sibérie occidentale, dont le début est prévu pour 2011, par le gazoduc Altaï et, parallèlement, essayer de s'assurer une participation au projet sino-turkmène. "C'est le seul moyen pour Gazprom de minimiser le préjudice qui peut lui être causé par la mise en �uvre des accords conclus entre la Chine et la Turkménie dans le secteur gazier", résume l'expert.