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18/01/2006 21:11:18

 

 

   

 

VERS UN ISLAM DEMOCRATIQUE

 

 

Lors d’un « chat », le 28 juillet 2004, broadcasté par IslamOnline, un site Qatari, je participai à un débat animé par le Docteur en théologie Nasser Auda, débat qui avait pour objet la compatibilité entre l’Islam et la Culture occidentale au sens large du terme.

Opposé au communautarisme intransigeant et imperméable à toute idée progressiste et réformiste, le Dr. Auda affirmait avoir d’emblée deux objectifs de grande ampleur : d’une part, libérer l’appréhension de l’Islam du prisme unique des traditions culturelles en vigueur dans les pays musulmans, c’est à dire, rendre à l’Islam son caractère universel, purifié de toute influence culturelle, et d’autre part, il reconnaîssait que, dans l’application de ces principes dogmatiques, l’Islam recquiert un certain relativisme et doit chercher la compatibilité avec certains aspects de la conjoncture culturelle dans laquelle il tente de définir sa place ; il parle ici, bien évidemment de la compatibilité avec les valeurs occidentales.

 

Une réflexion sur l’Islam

 

Ainsi, dans un premier temps, dans l’intention d’éviter le piège de l’enfermement culturel, il livre à ses interlocuteurs une définition de la culture qui, selon lui, est déterminée par des normes « sociales » dont chaque société hérite et auxquelles elle adhère. Ces normes parmi lesquelles les croyances, la religion et les valeurs entretiennent des relations interdépendantes complexes sont propres à chaque groupement humain et divergent selon que l’on passe d’un groupement à un autre. La pensée légaliste Islamique rend encore plus compte de cette différenciation entre la culture et la religion,  puisqu’elle sépare l’  « al-‘urf » signifiant les normes traditionnelles, des croyances et valeurs auxquelles elle donne une dimension toute autre, spirituelle, n’appartenant en tout cas pas à l’ « urf ».

Répondant à Anouar, un jeune étudiant musulman résidant en Suisse et qui se déclarait déchiré entre ses deux appartenances culturelles, l’une syrienne et musulmane, et l’autre suisse et chrétienne ; le Docteur Auda recommande de se livrer à une compréhension de l’Islam libérée de tous les ancrages traditionnels que l’on associe généralement à la religion islamique dans les pays musulmans, la culture se mêlant à la religion.

« Stress in your life whatever the Qur’an has stressed and do not bother much with what the Qur’an  did not bother with”. Suivre le guide spirituel et authentique édicté par le prophète est, selon lui, la meilleure manière de se dégager de toute emprise culturelle, et de pouvoir allier pratique de l’Islam et adaptation à la culture occidentale: pratiquant et citoyen ne sont donc pas forcément incompatibles.

Aussi le caractère universel de la religion islamique transparaît au travers des valeurs de générosité, de charité, d’hospitalité et de tolérance.

Des valeurs islamiques que revendiqueraient bon nombre de croyants et athées occidentaux.

De là à établir que Islam et démocratie ne sont pas incompatibles, il n’y a qu’un pas. Et ce pas est franchi pour le Docteur Nasser Auda. D’autant plus qu’il conseille à tout intéressé de se référer à une Hadith du Prophète « I am sent to complete the good moral values » ; ce qui signifie que l’Islam a pour ambition de compléter un niveau degré de moralité déjà présent dans les sociétés. Coexistence, tolérance et compatibilité.

 

Les interrogations méthodologiques

 

Néanmoins deux questions méthodologiques concernant les intervenants lors de « chat » me posent problèmes.

Tout au long des échanges, je m’aperçois que malgré le fait que ce site soit Qatari et que la majorité des pratiquants de la religion de l’Islam soit située non dans le monde occidental mais dans le monde arabe, 82% des 11 participants à la discussion sont des résidents de pays occidentaux ; seuls deux échappent à cette systémique, l’un habitant au Maroc et l’autre n’ayant pas précisé son pays d’origine.

De surcroît, tous les participants semblent posséder des acquis scolaires conséquents, une connaissance satisfaisante des problèmes tenants aux tentatives de réforme dogmatique et enfin une capacité d’introspection et une syntaxe appréciable. En effet, 55% des participants soit 6 individus sur 11 ont accepté de dévoiler leur profession ou leur occupation quotidienne, sur ces 6 personnes, 4 sont étudiantes, une est enseignante et la dernière, directeur d’une entreprise de construction immobilière.

 

Dans toute étude, il faut bien évidemment porter son attention sur l’invité, l’interviewé, la personnalité qui livre ses réflexions, mais également son public. Car comme dirait le fameux proverbe « connais ses amis, et tu le connaîtras », bien souvent, l’étude du public nous enseigne une somme fantastique d’informations autant sur l’impact de son discours que sur les populations ordinairement ciblées et socialement plus enclin à écouter.

En l’occurrence, nous avons un théologien, auquel je ne conteste ni les facultés ni l’intelligence et la pertinence de ses idées, et des intervenants qui rendent pratiquement absurde le postulat d’universalité d’une croyance. Sentiment de concordance manifesté notamment par la similitude de leurs visions, buts et trajectoires.

Quel est ce but ?

Le Docteur Nasser Auda partage ainsi l’espérance de Sister, une étudiante des Etats Unis de voir l’émergence d’un « Islam occidental ». En conséquence, tout en soulignant l’impérieuse obligation de distinguer les notions d’  « Islam » et de « Culture Musulmane » ( il est néanmoins très convaincant dans l’approche qu’il propose en trois axes dominants :         

      

1) Différenciation de l’Islam, religion révélée par Allah et codifiée dans le Qur’an et les Sunnah, et les traditions musulmanes propres à chaque pays qui a accepté la foi de l’Islam comme élément constitutif de l’Etat,

 

2) Différenciation entre l’écriture divine et les interprétations tirées de la compilation sacrée et enfin

 

3) Différenciation entre les Hadith qui sont les propres paroles du Prophète et les opinions des madrasas ou des imams), dans la même réponse, il précise que l’application est spécifiquement liée au contexte culturel.

 

On comprend fort bien que le discours du Docteur Auda consiste à faire parvenir l’Islam à une adaptation à la culture occidentale, sans s’encombrer de normes culturelles extérieures aux sociétés culturelles.

Allier l’universalité des principes à une application relative prenant en compte le contexte culturel. Se libérer d’une culture pour se fondre dans une autre, rien n’est malhonnête ni incohérent dans ce discours. Pourtant, ce même discours peut avoir des effets pervers du fait de sa circularité argumentative.

 

L’Islam n’est pas contraire ni à l’universalisme ni à son anti thèse philosophique, le relativisme. La religion islamique possède ses propres valeurs et croyances universelles, et en même temps elle observe un certain degré de relativisme dans son application.

Mais comment comprendre ceci ? L’islam serait donc les deux à la fois, une savante alliance de deux courants, mais si universalisme signifie se libérer des traditions culturelles, mais en même temps se rattacher au contexte culturel dans lequel on appréhende le sujet, on se retrouve rapidement dans une approche circulaire.

L’Islam est un « unique middle path » pour le Docteur Auda, une synthèse de courants a priori contradictoires. Et ce postulat selon lequel l’Islam serait une combinaison de diverses approches, est très souvent réutilisé au travers des réponses.

Il ne fait aucun doute par l’utilisation répétée et la véhémence que cette équation est un référent essentiel pour le Docteur Nasser Auda. Et puisqu’il est un référent presque « magique » pour lui, il se sent destiné a tout prix convaincre ses interlocuteurs de sa véracité.

Cependant, si cette nuance dans la compréhension de la relation entre Islam et Société ; pourrait facilement être entendue voire assimilée par les intervenants en présence lors du « chat », du fait des qualités qu’on leur a reconnu, peut on en dire autant concernant le reste de la communauté musulmane ?

On a ici l’enjeu du ciblage de population qui apparaît nettement. En effet, bien souvent transparaît dans le contenu des messages, un sentiment de différence, de gouffre voire même de rupture entre des membres de la communauté musulmane, citoyens de pays occidentaux, issus de classes sociales privilégiées et des immigrants fraîchement débarqués du Sud Est asiatique ou du Moyen Orient, n’ayant aucune expérience de la vie occidentale et de ses normes. Citons pour exemple, une étudiante américaine dénommée Saara qui accuse les « Khutbahs » (prêches) de ne pas rédigés et énoncés en anglais, ou encore Dennis, un professeur suédois qui estime que sa vision des choses et du monde diffère trop de celle défendue par ceux provenant de pays musulmans pour espérer un minimisation de la différence entre leurs perceptions.

Un sérieux manque d’unité se fait sentir. Le discours du Docteur Auda ne s’applique donc certainement pas à eux, c’est pourquoi il paraît embarrassé lorsque l’on lui pose la question de la méthode pour parvenir à réunir les deux facettes de la population croyante dans les pays occidentaux ? D’ailleurs ne conseille t il pas de créer sa propre communauté musulmane qui inclurait uniquement toutes les personnes « like-minded » (cette expression est d’emblée problématique, car ceux qui ne correspondent pas à une certaine vision de l’Islam et de ses rapports avec la société sont exclues de cette « communauté » bien pensante : finalité assez contradictoire avec le caractère universel défendu par le Docteur Auda).

Par extension, on peut s’attendre à ce que son discours ne concerne encore moins les croyants résidants dans des pays musulmans. Pourtant, la réflexion sur la différenciation entre Islam et culture, par l’universalisation des principes contenus dans le Qur’an et par l’application relative des dogmes religieux en fonction du contexte culturel, est primordiale pour l’élaboration d’un Islam moderne. Car ses éléments font partie à la fois de la rhétorique des mouvements religieux extrémistes (dont fait partie le Hizb ut Tahrir qui revendique la parole au nom de l’Umma toute entière et réclame l’universalisation des principes du Qur’an appliqués de manière littérale), et à la fois de la réponse à y opposer. ( car en réalité, , la culture en Asie centrale, par exemple, est un des freins à l’Islam radical).

 

La culture comme vecteur de compatibilité

 

Promouvoir les traditions culturelles permet d’apporter une alternative à l’islamisme idéologique voire même politique : ainsi au Kirghizstan, la culture concurrence la religion. La diffusion géographique de la formation d’une économie mixte d’agriculteurs sédentaires et d’éleveurs nomades correspond à la pénétration en Asie centrale des porteurs de ces deux types d’économie : les agriculteurs du Sud et de l’Ouest, et les éleveurs du Nord et de l’Est. L’histoire ne démentit pas cet héritage, puisque le pays est coupé littéralement en deux zones, entre la partie orientale de la vallée de Ferghana où se regroupent la majorité des cultures agricoles, et le nord nomade, paysage de steppes.

Cette pénétration et cette différenciation économique s’est accompagnée de traditions culturelles, pour les agriculteurs, descendants de tribus saces et sogdiennes, et la vigueur de celles ci est encore très visible dans l’ensemble des cultures agricoles et urbaines de la région dont la vallée de Ferghana (réputée être le berceau de l’islamisme radical en Asie centrale).2

Les descendants des nomades dans le nord du Kirghizstan bénéficient d’un effet de balancier à dominante culturelle, d’un rapport au passé différencié.

 

Il ne s’agit pas d’effacer l’identité musulmane mais de la rendre moins pressante par la réintroduction des héritages culturels. Il incombe ainsi aux autorités politiques et religieuses d’équilibrer ce balancier, entre universalisation et ancrage culturel.

En dehors de ces considérations purement dogmatiques, il apparaît dans notre étude que l’Islam ne rime pas systématiquement avec violence et haine. Au contraire, à travers l’héritage historique culturellement différencié1 d’un Islam pour le moins tolérant auquel l’Asie centrale actuelle se réfère, les préférences données au soufisme constitue la vitrine de la valorisation d’un Islam radicalement opposé à un Islam rigoriste, littéral et rejetant toute idée de progrès –Islam que prône le Hizb ut Tahrir-.

Cet Islam différencié découle d’une approche en premier lieu tolérante, ainsi, pour l’ambassadeur de la République d’Ouzbékistan aux Etats Unis et au Canada, H.E Kamilov, malgré le fait que « plus de 90% des 26 millions habitants en Ouzbékistan soient musulmans, diverses croyances religieuses et divers groupes ethniques cohabitent pacifiquement et se développement en harmonie. […] Près de 2000 organisations religieuses sont enregistrées dans le pays, elles sont de croyance chrétienne, islamique, juive, bouddhiste ou de diverses idéologies spirituelles »2.

Et bien que l’on ne saurait lui reprocher de vanter les mérites de son pays d’origine « [cette multiplicité d’organisations religieuses et leur inscription] symbolise des valeurs tolérantes ancrées dans la culture et l’histoire de l’Ouzbékistan », il faut décrypter son message et relever les éléments qui le pousse à faire cette apologie. La religion prend soudain un aspect politique ; trois facteurs sont déterminants : la volonté d’assurer l’unité du pays au travers de l’harmonie inter religieuses, l’estime et la fierté d’une culture commune historique, et enfin, non moins important, la nécessité d’opposer au fondamentalisme une alternative religieuse, c’est à dire un Islam s’alliant « [au progrès et à la liberté]. Chaque personne à n’importe quel endroit du monde devrait promouvoir les idées de tolérance ainsi que celles de liberté et du progrès historique »1.

Selon lui, l’ancrage de l’idée d’un Islam tolérant ne peut se faire que par un enseignement adéquat. Il est nécessaire d’offrir aux populations cibles du Hizb ut Tahrir les moyens de se prémunir intellectuellement de toute propagande. Une campagne massive en faveur de l’éducation pour lutter contre l’obscurantisme est donc vitale. Initiative soutenue également par Zukhriddin Khusnidinov, conseiller du Président d’Ouzbékistan pour les affaires internationales et religieuses, qui, après avoir célébré le principe du libre exercice des pratiques religieuses garanties par la Constitution, entend lancer une politique de la connaissance par l’aide à la traduction des textes religieux et de tolérance pour juguler l’influence de mouvements clandestins.

 

 

ISLAM et DEMOCRATIE

 

L’Islam démocratique ? C’est à mon avis une mauvaise question. C’est plutôt la question de sa compatibilité avec d’autres normes, qu’elles soient politiques ou sociales, qui pose problème.

Si l’on entend par démocratique, la combinaison de l’universalisme avec le relativisme, la prise en compte du facteur culturel, l’instauration d’une politique éducative impartiale de multiples enseignements coraniques et d’une politique de liberté des opinions religieuses, alors oui, l’application de l’Islam peut et doit être démocratique dans les vies politique et sociale. Il est même question d’ « avenir immédiat » selon le Docteur Auda qui s’enthousiasme à l’idée qu’un « grand développement dans le futur proche va arriver », ou encore selon les rédacteurs dirigeants de l’agence de presse pakistanaise NewsCentralAsia qui accordent leur confiance aux croyants de par le monde pour faire avancer la réflexion sur la réforme de l’Islam et sa compatibilité avec d’autres normes. L’itchtihad, l’interprétation, devrait représenter pour les années qui viennent la voie royale pour les théologiens et les exégètes pour nous présenter une lecture honnête et ouverte de l’Islam.2

Ce en quoi le Docteur Nasser Auda a entièrement raison est le fait que la réforme viendra certainement des diasporas installées à l’Ouest. Car confrontées aux réalités sociales et au progrès et bénéficiant de la liberté d’expression, elles pourraient être à même de lancer ce débat indispensable pour constituer un frein voire un arrêt définitif au fondamentalisme.

Islam et Politique ? Deux notions qui voient leurs extrémités se recouper et se superposer. Les partisans d’un Islam « démocratique » et les idéologues du Hizb ut Tahrir tombent d’accord sur le fait que l’Islam est un système complet et englobant tous les comportements humains dont la politique, l’économie, les relations familiales. La politique est ainsi appréhendée comme une partie au sein de la doctrine religieuse. Si l’on en croit les propos tenus par un militant du groupe, Shahmaksud Shobaboev, lors de son jugement à Tachkent « la religion est politique et économie. Je souhaite que les gens soient plus religieux » dit il. L’intégrisme professe une conception du monde issue d’un moralisme transcendantal qui dépasse l’explication politique. L’ordre religieux est affirmé comme supérieur à l’ordre politique1. Est ce peut être pour cela que Shobaboev ajoute lors de son procès qu’il n’est pas « opposé au régime établi » ? Refus de systématisation de la confrontation ou déni de l’existence même du régime ?

Si on adopte une définition substantielle de la démocratie, on peut la définir comme égalité, liberté, solidarité, tout ce qui a trait à la relation entre le facteur religieux et le régime politique renvoyant soit au mythe de la théocratie, régime souhaité par le Hizb ut Tahrir, soit à l’imposition du type régime démocratique occidentalisé, ne répond pas à la qualification « démocratique ». Car, dans ce cas, l’Islam entrerait dans une situation de confrontation de valeurs et de normes alors qu’au contraire, il est destiné à intégrer dans un cadre situé géographiquement et socialement une sorte de balancier géant, pour ne représenter finalement qu’une partie de celui ci au même titre que les autres religions, la culture, le régime politique, l’économie, l’individualisme, le post modernisme,….., et pour contribuer à cet effet de va et vient, de balancement mesuré que certains appelèrent pacte social.

 

Cependant, il est probable qu’une politique de compatibilité tienne ses promesses parmi certaines élites et parmi les communautés musulmanes d’Europe, mais il est peu évident qu’elle touche de la même manière l’Asie centrale.

Alors, tout en maintenant cette vision de la convergence possible entre les cultures et les valeurs islamiques et occidentales, il est certain qu’il faudra opter pour une politique de containment envers le Hizb ut tahrir dans le meilleur des cas, si le résultat recherché est une sorte de statu quo, soit pour une politique du refoulement, auquel cas, les acteurs de cette approche devront mobiliser davantage de moyens, économiques, politiques, militaires et idéologiques.

 

 

Jean de Broglie


 

2 Negmatov ‘La synthèse saco- sogdienne’ dans Nomades et Sédentaires en Asie centrale, CNRS, 1990

1 Voir ‘Trajectoires nationales divergentes’, B de la première partie.

2 Speech delivered at the Nixon Center entitled ‘Religion and Uzbékistan : State, religion, and interfaith acceptance’ October 6, 2004 by H.E Abdulaziz Kamilov, Uzbek Ambassador to the US and Canada.

1 Speech delivered at the Nixon Center entitled ‘Religion and Uzbékistan : State, religion, and interfaith acceptance’ October 6, 2004 by H.E Abdulaziz Kamilov, Uzbek Ambassador to the US and Canada.

 

2 Abderrahim K,’ l’autolégitimation de la violence islamiste’, Revue internationale et stratégique N° 57, printemps 2005, p.122

 

1 Conesa, P. ‘la violence au nom de Dieu’, Revue internationale et stratégique N° 57, printemps 2005, p.76

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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