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31/08/2005 14:29:32 |
La cooperation economique centrasiatique acquiert les contours d'un systeme coherent
MOSCOU, 13 octobre - RIA Novosti Dmitri Kossyrev, commentateur politique de RIA Novosti. Dans les tableaux et sur les graphiques retraçant l'activité économique en Asie centrale toutes les flèches sont ascendantes depuis des mois déjà. C'est une région où les investissements ne cessent d'augmenter et où l'activité des organisations intégrées régionales s'intensifie. Les événements passés et attendus en octobre en sont une illustration éloquente. Par exemple, la réunion des ministres de l'Economie des pays de l'Organisation de coopération de Shanghai le 12 octobre à Douchanbe sera suivi par un sommet de l'OCS au niveau des premiers ministres (donc lui aussi économique) le 26 octobre, à Moscou. La semaine dernière, début octobre, deux autres organisations, relativement semblables, ont décidé de fusionner pour éviter la redondance des fonctions. Il s'agissait de "fondre" l'Organisation de coopération centrasiatique (OCCA) dans la Communauté économique eurasiatique (CEEA). La liste commune des membres de ces organisations indique avec précision les pays qui participent à l'intégration régionale, qui y jouent un rôle clé et dont dépend l'avenir de l'Asie centrale. Ce sont en premier lieu les pays de la région : le Kazakhstan, l'Ouzbékistan et la Kirghizie (la Turkménie, encline à l'isolement, brille par son absence). Ils sont tous membres de l'OCS et maintenant, après l'adhésion de l'Ouzbékistan, de la CEEA. Ensuite, toutes les structures intégrationnistes centrasiatiques comptent la Russie dans leurs rangs. La particularité la plus voyante de l'OCS est la participation de la Chine. On peut, en fait, affirmer que l'OCS est un mécanisme d'engagement de la Chine dans le développement de l'Asie centrale. La CEEA a aussi un autre membre, la Biélorussie, et des observateurs : l'Arménie, la Moldavie et l'Ukraine. Non moins intéressants sont les observateurs auprès de l'OCS : l'Inde, le Pakistan, l'Iran et la Mongolie. Au sommet du 26 octobre ces pays seront représentés à un niveau très élevé, probablement au plus haut niveau. Telle est précisément, à quelques rares exceptions près, la liste des pays les plus actifs de la région. Cette activité se traduit à travers les montants des investissements. Ainsi, selon les données du ministère russe du Développement économique et du Commerce, les investissements de la Russie en Asie centrale se sont multipliés par plus de 144 dans la période 1999-2004 alors qu'ils ont seulement doublé dans l'ensemble de la CEI pendant la même époque. Ces chiffres montrent qu'il y a cinq ans les milieux d'affaires russes se gardaient d'investir gros dans cette région et que depuis ils ont déployé leurs efforts en Asie centrale où ils canalisent un tiers environ de la totalité des capitaux qu'ils investissent dans la CEI. Parmi les leaders on voit le Kazakhstan, miracle économique régional, ce qui est évident, et aussi l'Ouzbékistan. Cela confirme la tendance générale. A propos, ceux qui pensent que la tendance de la politique internationale se ramène à l'isolement de l'Ouzbékistan auraient tout à gagner à apprendre que la situation est justement inverse. L'Ouzbékistan est une nouvelle Mecque des investissements qui attire, et pas seulement les hommes d'affaires russes, par la possibilité de produire, de s'implanter dans le secteur tertiaire, de participer aux programmes de reconstruction des ouvrages hydrauliques que la Banque mondiale a estimés à 800 millions de dollars et de réaliser d'autres projets. A la veille de la rencontre ministérielle de l'OCS qui se tiendra à Bichkek on connaît déjà les objectifs des efforts que cette organisation produira pendant les mois à venir. Si la CEEA joue le rôle de constructeur d'un marché commun régional ou de réplique miniaturisée de l'Organisation mondiale du commerce, l'OCS, elle, a pour vocation de mettre en place une infrastructure nécessaire au développement de la coopération et à la croissance des investissements. Les mégaprojets de développement de l'Asie centrale sont également connus. Ils seront énumérés au sommet économique de l'OCS du 26 octobre. On peut y rattacher le chapelet de centrales hydrauliques de Kambarata en Kirghizie, les pipelines allant du Kazakhstan et de l'Ouzbékistan vers la région autonome chinoise du Xinjiang, la voie Transkazakh et d'autres. Chacun de ces projets a déjà son investisseur concret, soit la Russie, soit la Chine. Du point de vue politique, il est nécessaire de promouvoir ces projets et d'autres entreprises pour les présenter comme les résultats concrets des efforts de l'OCS ou d'autres organisations. Les populations de la région doivent connaître l'utilité des structures intégrées. Mais les intérêts économiques réels, les intérêts des investisseurs requièrent aussi d'autres choses. Aujourd'hui, le problème numéro un est celui du climat propice à l'investissement. L'été prochain, le Conseil d'affaires de l'OCS regroupant les hommes d'affaires de la région doit devenir opérationnel. A cet effet, le sommet de Moscou aura à approuver les documents nécessaires. Le Conseil assumera une partie des efforts de concertation des intérêts qui sont souvent naturellement à l'origine de la concurrence aussi bien entre les investisseurs centrasiatiques qu'entre les pays bénéficiaires des investissements. Les accords interbancaires en cours d'élaboration sont une partie du mécanisme de garantie des investissements. Ils sont importants dans le contexte où dans tous les pays de la région la croissance économique suscite la rivalité entre les clans et les groupes locaux qui n'hésitent pas à chasser tout simplement les "étrangers". Cette menace concerne tous les investisseurs. Ce problème est à l'étude à l'OCS, à la CEEA et dans chaque pays membre. Reste à signaler aussi dans le cadre de l'OCS, parmi les questions clés, les programmes humanitaires qui influent directement sur le rapprochement économique, notamment les programmes culturels et les projets d'enseignement (ce que l'on ne manquera pas de remarquer le 26 octobre). Parce que des relations humanitaires solides sont seules capables d'engendrer de nouvelles initiatives et de nouveaux investissements dans l'une des régions les plus prometteuses de la planète. Russian News and Information Agency. Copyright @ 2005
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