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31/08/2005 14:29:32 |
Compte Rendu de la conference de Son Excellence Doulat Kuanyshev, ambassadeur du Kazakhstan.
Thème de la conférence : L’agenda politique au Kazakhstan en 2005
Dans les prochains mois, deux événements politiques majeurs marqueront l'actualité au Kazakhstan : les élections présidentielles en décembre, et la visite officielle du Président de la République française, M. Jacques Chirac, du 19 au 21 octobre (pour le moment, reportée). A l'occasion de la conférence de presse donnée par Son Excellence M. Doulat Kuanyshev, Ambassadeur du Kazakhstan en France, au Centre de Presse Etrangère, le 12 septembre 2005, il a été question des enjeux de cet agenda politique. L’ambassadeur s’est également attardé sur la candidature kazakhe à la présidence de l’OSCE, et du projet lancé par le président Nazarbaev d’une union centrasiatique.
Elections présidentielles Des divergences se sont fait jour lors de la détermination du calendrier électoral des élections présidentielles, et plus particulièrement sur la journée du vote. Mais finalement, un accord a été trouvé, et c’est la journée du 4 décembre qui a été choisie. L’inscription en tant que candidat est possible jusqu’au 3 octobre. Pour le moment, trois candidats se sont déclarés « présidentiables » : l’ancien président de la chambre basse (l’équivalent Kazakh de notre assemblée nationale), l’actuel président au pouvoir (candidat élu et supporté par le parti OTAN), et un sénateur kazakh. Nul n’émet de doute sur la probable réélection de Nazarbaev. Et pour cause, nous dit Mr. l’ ambassadeur, « il a tenu toutes ses promesses » énoncées lors de sa première élection, en 1998. « Les axes, les directives, définies alors, ont toutes été tenues ». A titre d’exemple, le PIB a connu une croissance exemplaire, le PIB par habitant a également connu une augmentation similaire atteignant désormais 3.440 dollars par tête. Concrètement, la consommation des ménages s’est accrue de 4 fois sa valeur de 1998. L’obligation de faire du Kazakhstan un pays démocratique et d’établir un véritable Etat de droit que se donnait pour tâche le candidat- président Nazarbaev, a été remplie par un engagement ferme et volontariste du gouvernement. Et même si la période de transition a été difficile, le Kazakhstan a su élaborer un type de démocratie dirigiste, reposant sur un jeu de balancier, favorisant et avantageant un domaine, un côté, un pouvoir lorsque l’autre tendait à lui être prédominant, et inversement…..
Progrès économiques manifestes La constitution Kazakh promulguée en 1995 et les réformes entreprises par le gouvernement Nazarbaev ont en effet permis à son programme économique trentenaire de se mettre en marche et de s’ancrer dans de profondes traditions démocratiques. En effet, en 1998, Nazarbaev avait parlé de l’horizon 2030 pour un Kazakhstan meilleur. ‘Durant ces trente années’, disait il, ‘on va passer d’une crise grave vers une situation stable, prospère et démocratique’. 2012 était la date fixée pour atteindre une croissance et un niveau économiques adaptés pour qualifier le Kazakhstan de « pays industrialisé « , doté d’une économie digne de celle des pays d’Europe centrale et orientale. Les critiques actuelles sur la focalisation de l’énergie économique kazakhe sur l’exploitation des matières premières deviennent de plus en plus obsolète, du fait de la diversification des secteurs économiques dans le pays : la priorité du gouvernement est l’investissement dans les hautes technologies (secteur bénéficiant d’un investissement croissant de 25 % par an). 2012 sera certes la date de l’accession du Kazakhstan au club des dix premiers exportateurs de gaz et de pétrole, mais la diversification économique engagée depuis quelques années fera que le Kazakhstan ne dépendra pas entièrement de ses exportations énergétiques. 2012 doit être également l’année de l’adhésion du Kazakhstan à l’Organisation Mondiale du Commerce.
Démocratisation Concernant les réformes politiques accomplies, Nazarbaev n’a pas démérité. Faisant campagne pour l’élection de décembre 2005, le président insiste sur la nécessité de démocratiser l’appareil étatique, en faisant appel à l’expertise populaire, tout en accordant un grand crédit aux conseils provenant d’autres Etats. Une commission d’Etat d’élaboration et de réformes démocratiques devrait voir le jour en juin 2006. Une plus grande transparence de l’appareil gouvernemental fait également partie des chevaux de bataille de Nazarbaev : des décrets ont d’ailleurs été votés récemment en vue de réduire l’opacité des transactions et marchandages politiques. De plus, l’ambassadeur Kuanhyshev rappelle que, tout comme en Occident, la démocratisation ne pourra s’accomplir que s’il existe une classe moyenne satisfaite de ses conditions économiques et politiques. « La classe moyenne a toujours été la clé de la stabilité des Etats ». Ainsi, les réformes économiques engagées en vue d’accroître le pouvoir d’achat de la classe moyenne (donner plus de marge de manœuvre au secteur privé, encourager la création de petites et moyennes entreprises,…) devraient renforcer la démocratisation du Kazakhstan, en acquérant le soutien de ces classes indispensables au futur du pays.
Des ambitions régionales Le Kazakhstan a présenté sa candidature à la présidence de l’Organisation de Sécurité et de Coopération en Europe, en Août 2005. Cette candidature annoncée publiquement avait été précédée par une marque de confiance de l’ensemble des Etats constituant la CEI (la Communauté des Etats Indépendants, entité dont le Kazakhstan fait partie, au même titre que la plupart des anciens pays communistes). En effet, lors du sommet de Kazan, début juillet, la CEI avait accordé son soutien à la candidature kazakhe. A l’appui de la candidature de son pays, l’ambassadeur souligne la grande expérience nationale dans les domaines de la sécurité interethnique et interconfessionnelle. « Les mesures de confiance, la lutte contre l’extrémisme religieux, le terrorisme sont des thèmes, parmi d’autres, que le Kazakhstan connaît bien ». « De plus, au fur et à mesure que l’OSCE s’étend à l’Est, il est bien normal qu’un pays de l’Est demande à en assurer la présidence ». Le Kazakhstan, se définissant comme un Etat eurasiatique, est dans la meilleure situation pour réclamer cet honneur. En outre, l’Afghanistan n’étant toujours pas stabilisé, et les derniers évènements dans ce pays indiquant que les mécontentements socio-économiques vont rendre encore plus profondes les difficultés dans lesquelles se trouve le gouvernement afghan, la présidence de l’OSCE par un Etat de la région ne peut être que bénéfique à la situation actuelle de l’Afghanistan. En tout état de cause, il est nécessaire au gouvernement kazakh d’entretenir de bonnes relations avec non seulement ses voisins, mais aussi avec les « Grands » de la scène internationale. Ainsi, les relations avec l’Union Européenne, les Etats-Unis et la Russie sont solides et très bonnes. Mais le Kazakhstan ne table pas uniquement sur l’OSCE pour renforcer sa visibilité internationale et pour renforcer la sécurité dans la région centrasiatique. Il existe également l’Organisation de Shanghai qui est une des autres voies ouvertes au Kazakhstan pour agir dans ce domaine. Nazarbaev est même allé encore plus loin puisqu’il préconise la création d’une union centrasiatique qui contribuerait à la fois au développement économique de tous les Etats de la région, mais aussi à la cohésion des mesures prises au niveau étatique en matière de lutte contre l’extrémisme et la terreur.
Relations franco- kazakhes Les relations entre la France et le Kazakhstan remontent à la fin du deuxième septennat de François Mitterrand. Année après année, les deux pays ont renforcé leurs liens et leurs échanges. Aujourd’hui, au XXIe siècle, le montant des échanges commerciaux entre la France et le Kazakhstan est sans cesse en train de progresser, il atteindrait aujourd’hui plus de 2,64 milliards de dollars américains. Le président de la République, Mr. Jacques Chirac devait se rendre au Kazakhstan fin octobre 2005. Comme chacun sait, une hospitalisation a poussé le président à reporter ses réunions et voyages de prévu. Cependant, il reste fort probable que le Kazakhstan soit tout de même l’objet d’une visite officielle, c'est-à-dire ministérielle. En effet, l’engagement d’entreprises françaises dans le cadre de grands contrats dans les secteurs bancaire, des hydrocarbures et de la construction –secteur connaissant la plus forte croissance-, implique que la visibilité diplomatique française dans ce pays soit davantage renforcée.
Jean de Broglie
Exemplaire de l’invitation officielle de l’ambassade du Kazakhstan
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