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Asie Centrale
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16/03/2006 13:38:06
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La crise d’Andijan vue du dedans - Analyse de la crise par un analyste politique Turkmène Sunday, May 15
Bien que notre correspondant régulier ait été bloqué à l’entrée d’Andijan, nous avons pu obtenir quelques aperçus de ce qui est arrivé dans cette ville en réalisant des appels téléphoniques aléatoires aux habitants. Beaucoup avaient peur de parler pour des raisons évidentes mais certains ont fait des exposés très brefs mais souvent horrifiés. Selon un résident, les forces armées Ouzbeks pénétrées dans la ville sur ordre de Islam Karimov pour mettre fin à l’insurrection et au désordre public, ont poursuivi et tué les manifestants qui s’enfuyaient de la rue de Cholpan où avait eu lieu les grandes marches de protestation, vendredi. Un autre témoin résidant a révélé que dimanche dans la soirée les rues ont été abandonnées et que les gens avaient peur de quitter leurs maisons parce que la police et les militaires avaient apparemment reçu l’ordre de tirer à vue. Un autre encore s’épouvantait de voir les cadavres s’empiler dans les rues. Il ressort de nos appels téléphoniques que le bilan probable de l’insurrection à Andijan pourrait facilement surpasser 700. Le nombre de blessé pourrait être lui, de plus de 3000. On peut dire que l'épisode d'Andijan est loin d’être fini et il y a de fortes probabilités que l’événement fasse boule ne neige dans d’autres villes.
Une utilisation de la force tacitement appuyée par la communauté internationale
La situation en Ouzbékistan exige une analyse honnête et impartiale. Dans ce contexte, nous voudrions nous reporter à un rapport que nous avons édité après la révolution du Kirgizstan le 27 Mars 2005. Nous avions alors écrit : "les résidents d'Osh et de Jalalabad sont proches de ceux habitant à Namangan et Andijan, les foyers de militants d’idées radicales islamistes. Ce sont les secteurs géographiques où le gouvernement de Karimov a pu le moins exercer son contrôle. Nous avions alors également averti que : "les frontières floues de la vallée de Ferghana qui traversent autant le Kyrgyzstan que l’Uzbekistan et le Tajikistan, vont bientôt sentir les réverbérations de la révolution de Bishkek. Notre conclusion avait été que l’Ouzbékistan pourrait échapper au destin d'Akayev cette fois mais notre avis pour l’avenir du pays se fondait sur l'hypothèse que le régime de Karimov devait prendre des mesures pour s’occuper des problèmes fondamentaux de la société. Notre avis était également basé sur l'hypothèse que le régime de Karimov ne recourrait pas à la force pour tenir ses citoyens, en cas de révolte. Cependant, comme les choses se décantent aujourd’hui, il semble que nous nous étions trompés, et que le gouvernement de Karimov ait préféré continuer à s’appuyer sur la répression pour réduire ses « sujets » au silence. Ceci présage les plus mauvaises conséquences pour la région entière. Tandis que le Président Islam Karimov accusait le Hizb ut Tahrir et les Islamistes d’être à la source de l’insurrection à Andijan, toutes les évidences démontraient que la population d’Ouzbékistan était arrivée à un seuil critique et il ne servait plus à rien désormais de nier la vérité. Quoique Washington soit réceptif aux arguments selon lesquels les extrémistes islamistes soient des fauteurs de trouble en Ouzbékistan, le malaise actuel est un genre de sérum de vérité qui oblige beaucoup à repenser leurs certitudes. Pourtant, il y a plus qu’un soutien tacite envers l’attitude et les méthodes de Karimov. Que voyons-nous ici ? Est-ce une démocratie quand c'est pro-américain et extrémisme islamique quand il ne l’est pas?
Des défis à relever dans l’urgence
La vallée de Ferghana, pendant plusieurs siècles, a été un genre de forteresse de l'Islam. Ses collines et ses vallées lui ont permis de développer et de consolider une propre culture et un penchant vers l’interprétation littérale de l’Islam. Depuis l'indépendance, la vallée de Ferghana a été exclue des structures de puissance d'Ouzbékistan. Les lois discriminatoires ont fait que la vie des individus dans la vallée est extrêmement difficile. Il y a du désespoir - et les personnes désespérées peuvent faire n'importe quoi. Le groupe d'Akramia - les 23 jeunes hommes d'affaires dont l'arrestation et les condamnations prononcées ont suscitées la vague de violence actuelle - pratiquent la religion musulmane mais ne sont pas des extrémistes. Ils sont très populaires dans la région parce qu'ils ont rempli quelques lacunes cruciales dans la composition de la sécurité sociale en fournissant de l'aide médicale gratuite et d'autres services publics à la population. La crise actuelle semble ironiquement prendre une tournure historique lorsque l’on envisage le passé de la vallée de Ferghana : Si on avait permis au peuple de choisir leurs représentants locaux il y a une décennie, à ce jour un leadership modérée aurait émergé localement. Mais rien n’est jamais trop tard ; si on permet au le peuple de se régir maintenant, il y a des chances que la situation s’apaise d’elle-même et qu’un pouvoir local soit relativement modéré. Si au contraire, on ne réagit pas tout de suite, dans l’urgence, l’Islam radical devrait prendre de l’ampleur. Les peuples d’Asie centrale- et, tous sont de langue Turkic - sont des praticiens d'un Islam modéré. Cependant, la frustration et le désespoir ouvre grandes ouvertes les portes aux intransigeants et aux radicaux. Si des élections libres et justes sont tenues dans l’Ouzbékistan actuel, les forces parlementaires qui émergeraient seraient liées à l’Islam par nature, mais ne seraient certainement pas intransigeants. Les suites de la violence à Andijan dépendront majoritairement de la façon dont le régime de Karimov décide de gérer la situation. Les ingrédients sont en place pour un soulèvement national. Il faut donc agir dans l’urgence.
La communauté internationale doit s’impliquer
Les Etats-Unis et leurs alliés doivent faire un bilan de leurs politiques et décider :
Si les élections libres et justes dans n'importe quel pays mènent à un parlement qui peut avoir des tendances islamiques, devrait-on considérer cela comme une menace pour les intérêts américains ? Si un gouvernement arrive au pouvoir dans la région et permet le libre accès aux mosquées et ne persécute pas les musulmans pratiquants, un tel gouvernement devrait-il être considéré comme un risque contre la sécurité des Etats-Unis et de leurs alliés ? L'Islam est-il une religion en soi violente, anti sémite et anti démocratique ? Pour répondre à cette question, on devrait réfléchir à la question de savoir s’il y a seulement un seul et unique modèle acceptable de démocratie pour toutes les nations ? Où les intérêts américains sont en jeux, Washington doit il favoriser des régimes répressifs et impopulaires ou laisser les peuples décider de leur propre sort ?
La situation actuelle a le potentiel de s'étendre dans toutes les directions et la communauté internationale doit agir maintenant avant qu'il ne soit trop tard. Copyright © 2005 [News Central Asia]. Tous droits réservés |
REGARDS SUR L'ASIE CENTRALE
[Opposé au communautarisme intransigeant et imperméable à toute idée progressiste, le docteur Auda affirmait avoir deux objectifs: rendre à l'islam son caractère universel et chercher la compatibilité avec certains aspects de la conjoncture culturelle]
[Phénomène structurant de la problématique du trafic de drogue en Asie Centrale, l’instabilité qu’engendre la « Route du Nord » réside dans la croissance exponentielle des flux illégaux, et de qualité, à travers la région venant d’Afghanistan.] L' ASSOCIATION
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