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Asie Centrale
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16/03/2006 13:38:06
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L’Emergence d’un mouvement islamiste de type nouveau (Partie II)
Le Hizb ut tahrir, malgré la vigueur de sa diffusion, pâtit d’un manque total d’objectifs définis, et d’une absence patente de projets sociaux et politiques. Il est plus un mouvement qui bénéficie des difficultés socio-économiques existants en Asie centrale pour établir sa domination qu’une réelle alternative de gouvernance.
A l’instar du projet politique, le projet social promu par le Hizb ut tahrir ne peut être un vecteur de propagation sérieux à lui seul parmi des populations musulmanes peu pratiquantes, traditionnellement attachées à une forme de l’Islam plutôt modéré, comme nous le verrons par la suite. Ce projet ne prend de l’ampleur que par l’accélération de l’autoritarisme dans la région et non du fait de son contenu. Ainsi, hélas, son idéologie et son projet socio-politique minimum, ont su faire mouche en Asie centrale parmi les populations désoeuvrées, mais également parmi certaines élites, grâce à un réseau formidablement bien structuré. Une machine bien huilée en somme.
Le hizb ut tahrir n’est pas un parti politique
Doit on parler de groupe, de mouvement, de parti lorsque l’on désigne le Hizb ut Tahrir ? Là réside la question de la qualification, et le flou entourant celle ci signifie bien que le projet politique est loin d’être défini.
Il est difficile d’examiner si les actions du mouvement fondamentaliste font parties d’un plan global ou si au contraire elles répondent à l’action autonome de chefs de cellule locale définissant plus ou prou leurs propres objectifs, leurs propres délais, leurs propres visions. Car d’une part, son refus de participer à tout cadre électif (le parti a appelé ses militants à voter contre tous les candidats lors des élections de mars 2005 au Kirghistan), mais sa revendication dans le même temps un rôle central, voire le seul, dans la direction du futur Califat, peut prêter à confusion. On arrive mal à discerner les vrais objectifs politiques du Parti. Mais en existent ils ? Et ont ils été définis ?
Si l’on s’en tient aux publications du Hizb ut Tahrir, le mouvement est un « Parti politique dont l’idéologie est l’Islam ». C’est à dire que le Parti tente d’influencer la situation politique en se fondant sur leurs croyances religieuses. Oeuvrant pour l’Ummah, la communauté islamique et pour le rétablissement du Califat, le groupe est de facture politique est non religieuse. « Il n’est pas non plus un groupe académique, éducatif ou charitable ».1 Mais un parti politique qui se refuse de participer à tout cadre électif, à tout gouvernement de coalition : il se veut de facture supranationale.
Des ambitions politiques
« Le Calife serait nommé par les musulmans (sous quelles modalités ?), et lui obéiraient à condition que les règles qui régissent le gouvernement du Calife soient elles même soumises au Coran et à la Sunnah ». Comment envisager que le Hizb ut Tahrir, qui aurait été le fer de lancer du rétablissement du Califat, accepte d’être purement et simplement écarté de sa gestion, par le vote ? Des ambitions politiques sont évidemment sous jacentes à l’idéologie radicale du mouvement.
Et bien que le Brookings Institute parle de plan en trois phases : le recrutement de nouveaux membres potentiels adhérant à la stratégie et aux buts fixés par le mouvement, la propagation par ces nouvelles recrues du message du Hizb ut Tahrir au sein de leurs communautés, et enfin l’étape trois qui correspondrait à l’établissement, de la Shari’ah avec les dirigeants du mouvement à la tête des services de sécurité, du gouvernement et des offices médiatiques.1, aucune position publique des dirigeants du Hizb ut Tahrir ne vient confirmer ce plan en trois étapes.
Le flou quant à ses ambitions politiques que le Parti se refuse d’admettre par ailleurs, reflète sûrement non pas un stratagème machiavélique destiné à endormir l’adversaire, mais plutôt, à mon sens, une absence d’unité à la tête du mouvement et surtout le fait que les revendications du Hizb ut Tahrir sont fondées sur une stratégie de conflit, de confrontation et non de gestion du pouvoir politique.
Pour notre part, jusqu’au jour où les ambitions politiques auront été clairement définies et établies dans le cadre d’un plan de gestion éventuelle du pouvoir, nous qualifierons le Hizb ut Tahrir non de parti, mais de groupe ou mouvement, afin d’éviter au maximum toute confusion avec les partis enregistrés en tant que tel, comme les ceux d’opposition dans les divers Etats d’Asie centrale.
L’absence d’un projet social
Quant au projet social, le modèle prôné par le Hizb ut Tahrir est le Califat « strict », c’est à dire l’Etat islamique qui exista durant le VII et le VIIIe siècle sous la houlette du Prophète Mohammed et ses quatre successeurs.
La modernité est d’emblée écartée de tout rétablissement éventuel du Califat. Strict mais pas intolérant, puisque, toujours selon les publications du Hizb ut Tahrir, l’Etat Islamique d’antan protégeait et respectait les communautés non musulmanes. L’application de la Sharia sous le Califat islamique équivaudrait à différencier ce qui est légal (Halal) de ce qui prohibé (Haram), car le but premier du Hizb ut Tahrir à travers le rétablissement du Califat est la résurgence du mode de vie islamique. Cette application selon Gasimoglu, directeur du centre de recherche en Azerbadjan sur la Religion, créerait une situation encore plus sombre que celle existant aujourd’hui. La sharia’ah serait applicable à tous les secteurs de la vie sociale et politique ; chaque individu devrait s’y soumettre dans l’espace public, l’espace privé pouvant supporter quelques dérogations suivant la religion des personnes concernées. Gasimoglu compare la vision prônée p1ar le Hizb ut Tahrir aux visions imposées dans l’Iran actuel ou l’Afghanistan Taliban. Tout un programme. Copyright © 2005 [Regards sur l'Asie Centrale]. Tous droits réservés |
REGARDS SUR L'ASIE CENTRALE
[Opposé au communautarisme intransigeant et imperméable à toute idée progressiste, le docteur Auda affirmait avoir deux objectifs: rendre à l'islam son caractère universel et chercher la compatibilité avec certains aspects de la conjoncture culturelle]
[Phénomène structurant de la problématique du trafic de drogue en Asie Centrale, l’instabilité qu’engendre la « Route du Nord » réside dans la croissance exponentielle des flux illégaux, et de qualité, à travers la région venant d’Afghanistan.] L' ASSOCIATION
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